AHMED BENBELLA: 1er coup d’état de l’Algérie indépendante

Publié le par Nacer BOUDJOU

ben bela 2S’agit-il de démagogie, de calcul politicien, pour collecter des voix à sa coalition présidentielle aux élections législatives prochaines ou de sagesse, de repentance (grand pardon) ancestrales pour que le président Abdelaziz BOUTEFLIKA décrète 8 jours de deuil national et des obsèques officielles à son pire ennemi, en l'occurrence Ahmed BEN BELLA? Celui-ci qui fut le fossoyeur  des chefs historiques, de la révolution des paysans, d’ouvriers, de petits artisans... longtemps spoliés,déculturés...par un colonialisme cruel, génocidaire.   Du coup, il devient une icône nationale, alors qu'on a souvenance de la feuille de route de BOUTEFLIKA qui fait et défait les présidents, pour le choisir, en tant que marionnette à la solde de Houari BOUMEDIENE, chef de l’ALN.

 

BOUTEFLIKA pêche un gros poisson

 

Qui pourrait être ce chef d'état de l’Algérie libérée, suffisamment complice au service de l’ALN et assez crédible pour se faire accepter par le peuple ?

Les galonnés de cette armée ne voient que les cinq  chefs  du FLN : Hocine  AIT AHMED, Mohamed BOUDIAF, Rabah BITAT, Mohamed KHIDER et Ahmed BEN BELLA, qui croupissent dans les prisons en France. En quelques années de détention, ils ont acquis une notoriété exemplaire vis à vis du peuple algérien,

Pour ce faire Houari BOUMEDIENE charge le capitaine Abdelaziz BOUTEFLIKA, d’aller trouver cet oiseau rare.

 

·         Un fois sur place, l’émissaire du chef d’état-major est séduit par Ahmed BEN BELLA qui a accepté son offre. « Bouteflika était, en vérité, chargé  de vendre un coup d’état aux cinq dirigeants. » souligne le commandant Rabah ZERARI dit AZZEDDINE. Les autres prisonniers tenant à la démocratie et à une consultation populaire par les urnes, sont restés de marbre. Ce qui n’a pas favorisé les enchères de Abdelaziz BOUTEFLIKA.

Content de sa mission, il informe Houari son boss de son succès victorieux et quitte la France illico presto.

 

Destitution de BEN BELLA avec la complicité de BOUTEFLIKA

 

Le rôle que joua BOUTEFLIKA dans le complot contre BEN BELLA est primordial. Il sait à quoi s’en tenir sur les fanfaronnades de son président.

Quatre années plus tard, les mêmes faiseurs de président révoquent BEN BELLA. Ils le font lever du lit et lui donnent juste le temps de se vêtir pour le conduire en direction de Tamanrasset.

·         A vrai, les circonstances de son arrestation dans la nuit du 18 au 19 juin 1965 à  1 heure 30  du matin,  dans sa chambre à la Villa Joly, prés du Palais d’été (Telemly)  restent obscures.

Les colonels Tahar ZBIRI, ABBAS, les commandants BEN SALEM, Saïd ABID, CHABOU et Ahmed DRAIA, membres du conseil de la  Révolution le ceinturent en le blessant d’une balle au bras droit. Un médecin bulgare Dr Dimitri BACHEF  fut diligenté pour  lui panser sommairement la blessure.

·         Auparavant, le 10 juin 1965 BEN BELLA  a eu vent « que quelque chose se tramait contre lui, avait convoqué Bouteflika et l’avait accusé de trahison. Au comble de la rage, il l’avait saisi par le col et jeté à la porte de son bureau.  Puis, regrettant quelque peu son geste, et pour tenter une ultime négociation, avec Boumediene,  il avait dépêché à celui-ci le jeune ministre de l’Orientation, Cherif Belkacem. Mais celui-ci était un « féal » du ministre de la défense et ne lui cacha pas que le chef du gouvernement était désormais aux abois. » note Louis GARROS.

On le jette en prison jusqu’en juillet 1979, date du décès du  colonel-président BOUMEDIENE. Il est amnistié en mai 1984 par le président Chadli BENDJEDID.   

 

1er coup d’état de l’Algérie indépendante par  BEN BELLA

 

Au-delà  de son « passé révolutionnaire et héroïque »  dit-on, ayant passé plus de temps dans les prisons françaises et algérienne que dans le maquis,  sieur Ahmed  BENBELLA appelé familièrement par ses  proches « Hmimed » est un homme insatiable, qui a confisqué au lendemain de l’indépendance en 1962, par un putsch, le pouvoir démocratique au peuple et aux révolutionnaires de la première heure, ses frères d’arme : Belkacem Krim BELKACEM, Mohamed BOUDIAF, Hocine AIT AHMED, Rabah BITAT…

Il est élu (entendez bien plébiscité) le 15 septembre 1963, président de la 1ére République Algérienne Démocratique et Populaire, poste qu'il cumule avec celui du premier ministre et du premier secrétaire général du Bureau Politique  du FLN.

 

Cumul de tous les postes de la haute autorité

 

Aux réunions historiques du comité central du 16 juin 1965, « Ben Bella commença par s’attaquer violemment son ancien ami, celui qui avait participé à son évasion de la prison algérienne, Mahsas, ministre de la Réforme agraire. Celui-ci exaspéré par ces critiques, lui répondit : - Tu as déjà la Présidence, l’Intérieur, l’Information, une partie des Affaires étrangères : si tu veux encore mon portefeuille je te le donne volontiers. » note Louis  GARROS.

Suite  aux différends l’opposant  à Mohamed KHIDER et à Rabah BITAT, au sujet du cumul des pouvoirs au sein du FLN et du gouvernement, ces  belligérants  ont été évincés sans courtoisie.

Cet ancien adjudant de l’armée française prend la tête du Bureau Politique du FLN, chef des armées et choisit lui-même les candidats au parlement.

 

Mise en garde contre Ahmed BEN BELLA

 

BEN BELLA est un barbouze qui a arraché aux familles leurs enfants, leurs hommes en les liquidant froidement.  Ces familles observent jusqu’à aujourd’hui un profond deuil. Le motif évoqué par cet homme au visage d’un poupon : Ces martyrs de postindépendance « de l’Algérie heureuse » ne pensent pas comme il le souhaite, et qu’ils sont listés par sa Gestapo, comme « réactionnaires, impérialistes, contre-révolutionnaires... », et  on ne sait quoi ?

Au mépris de l’histoire révolutionnaire, on fait renaître cet homme de Maghnia qui n’a aucun scrupule, ni remords en s’alliant avec les services égyptiens pour se dépersonnaliser et gommer les vraies valeurs d’une république naissante.

Les révolutionnaires très proches ont mis en garde Ferhat ABBAS, ancien président de l’Assemblée  contre Ahmed BEN BELLA.

·         Le Dr Lamine DEBAGHINE lorsqu’il fut arrêté par la police française en octobre 1956, et mis à la prison de la Santé  à Paris.

·         Au Caire, en 1957, lors du deuxième Congrès du CNRA, Abane RAMDANE lui fit un portrait peu flatteur du futur président de la République: « C’est BEN BELLA, me dit-il, qui dénonça en 1950 notre organisation spéciale, l’O.S ; du moment qu’il était arrêté, rien ne devait subsister après lui. C’est un ambitieux sans courage. Pour parvenir à ses fins, il passera  sur le corps de tous ses amis. Il est sans scrupule. » Ferhat ABBAS.

·         Le même avertissement fut donné par Mohamed BOUDIAF, lors de la dernière réunion du CNRA à Tripoli, en juin 1962.

·         Ahmed BOUDIAF lui a donné aussi un avertissement en 1962 concernant les dérives de ce soldat de la bataille du mont Cassin

 

Au moment d’une colère rugissante face à l’inertie des couches populaires se trouvant sans emploi du au manque de moyens, BEN BELLA élève la voix le 22 avril 1964 : « Depuis un an et demi que nous sommes là, nous n’avons pas fusillé un seul homme et cela ne s’était jamais vu dans aucune révolution depuis que le monde existe. Mais maintenant que nous nous sommes donnés une légitimité révolutionnaire, je dirai franchement à ceux qui voudraient  défier la volonté populaire  et révolutionnaire, que s’il faut  fusiller,  surtout quelques-uns  nous le ferons. Non pas avec joie, mais pour défendre les masses populaires et l’auto gestion. » rapporte Louis GARROS. Il venait d’être confirmé secrétaire général du parti unique, le FLN. Il s’exprime ainsi au cours d’un meeting  clôturant un congrès qui a rassemblé peu de personnes.

 

Les Accords d’Evian et le Cessez-le-feu le 19 mars 1962

 

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Il porte des critiques exaspérantes avec Mohamed BOUKHAROUBA (BOUMEDIENE), chef d’état-major de l’ALN  sur les accords signés avec la France par les membres du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) : DAHLAB, Mohamed BENYAHIA, MOSTAFAI, Réda MALEK, YAZID, Belkacem KRIM, BOUSSOUF et BENTOBBAL.

Pour les dissuader, il prend part au Congrès de Tripoli organisé par le CNRA, en rédigeant à l’issue de ces assises le PROJET DE PROGRAMME pour la réalisation de la révolution démocratique populaire (adoptée à l'unanimité par le C. N. R.A. à Tripoli en Juin 1962).

 

Cependant, il en ressort de ce programme :

·         Encourager les Français d’Algérie à partir

·         Liquider progressivement les Accords d’Evian

 

Exécutif provisoire découlant des Accords d’Evian

 

L’Exécutif  provisoire est présidé par Abderrahmane FARES (Membre de la première Assemblée nationale française constituante (Alger) en 1946, président de l'Assemblée algérienne en 1953, puis membre de la Fédération      de France du FLN chargé de collecter des fonds pour le mouvement indépendantiste en apportant notamment des aides juridiques. Il fut arrêté le 4 novembre 1961, par les autorités françaises et emprisonné à Fresnes.[ Libéré à l'issue des Accords d'Évian le 19 mars 1962, il est désigné en     avril 1962 président de l'Exécutif provisoire algérien à sa création, et négocie l'indépendance.

 

Après la victoire du bureau politique du FLN et le retrait du GPRA à son profit, la première Assemblée nationale constituante (ANC) algérienne est formée. FARES remet alors, le 25 septembre 1962, le pouvoir au  président de l'ANC, Ferhat ABBAS.

 

     Il active dans ses  tâches avec  satisfaction,  jusqu’au  27septembre 1962,     date où il remet le pouvoir à l’Assemblée Constituante.

·         Préparer le Référendum d’autodétermination

·         Signer le Cessez-le-feu avec Jean-Jacques SUSINI, patron de l’OAS

·         Effectue la reddition des maquis messalistes

·         Expédie les affaires courantes

 

Armée des frontières

 

Mais le bruit de bottes raisonne aux frontières tunisienne et marocaine. L’ALN composée de 31 000 hommes lourdement armés à leur tête Houari BOUMEDIENE chef d’état major s’ébranle.

L’armée intérieure constituée des wilayas II, III et IV avec 15 000 hommes affaiblis par les forces d’occupation, les Fédérations de Tunisie, de France, et de la Zone autonome d’Alger réagissent  en s’organisant le 24-25 juin 1962. Ils proclament l’état d’urgence.

Par contre les wilayas I, V et VI se désolidarisent, se rallient à l’état-major de l’ALN.

Devant cet état de fait, la population en colère descend dans la rue et scande : «  Sabaa snin barakat ! » : « 7 ans de guerre ça suffit ! » Le GPRA se joint à la population fête l’indépendance nationale.

 

Par contre BEN BELLA est allé chercher du secours au Caire et à Rabat. Il revient et réorganise le Bureau Politique du FLN à Tlemcen, épaulé par l’ALN.

Face à ce groupe de Tlemcen qu’il a constitué, un Comité de Défense de la Révolution se forme à Tizi Ouzou, animé par  Belkacem KRIM et Mohamed BOUDIAF.

L’ALN protégeant BEN BELLA finit par rentrer à Alger. C’est la boucherie, on dénombre environ 3 000 morts, selon différentes sources.

 

Constituante 

 

Considérant ces travaux titanesques auxquels se donnent FARES, le héros BEN BELLA  élabore une constitution fantoche dans une salle de cinéma « Le Majestic » avec son gouvernement, sans tenir compte des travaux de la Commission de la Constitution formée de députés de l’Assemblée Nationale de la Constitution et Législative présidée par Ferhat ABBAS au détriment des cadres du parti FLN pris à la volée.

 

Police personnelle et Milice

 

A la manière stalinienne, il crée une police et une milice personnelle pour régner en maître à bord. Il multiplie les arrestations d’opposants et les fait disparaitre dans des cul-de-basses-fosses tenues secrètes : A Saint Eugene, à Bouzaria, El Biar  et au sud. Il s’érige en véritable despote sans égal. On dénombre  en juin 1965 environ 2 500 détenus politiques.  

 

Arrestations

·         Mohamed BOUDIAF  est déporté  en 1963 au Sud sans procès

·         Colonel OTHMAN et son épouse, tous les deux députés sont jetés dans des prisons.

·         Colonel Saout El Arab (BOUBNIDER) écroué

·         Youcef MANSOUR, secrétaire général de l’Organisme Saharien appréhendé dans la rue

·         Dr Taleb IBRAHIMI, torturé, interné

·         Mustapha LAKHEL, torturé, interné

·         Président Abderrahmane FARES, voué au régime carcéral

·         BENTOUMI, ministre de la justice, écroué

·         Boualem  OUSSEDIK, député, écroué

·         Brahim  MEZHOUDI, député, écroué

·         Cdt  Rabah ZERARI dit AZZEDDINE de la W IV, écroué

·         Cdt Si Larbi BERREDJEM de la W II, écroué

·         Ferhat ABBAS et son fils, écroués

 

Assassinats

·         Mohamed KHEMISTI, plus jeune ministre des Affaire s Etrangères, liquidé

·         Mohamed KHIDER, assassiné à Madrid

·         Colonel CHAABANI, chef de la wilaya VI, exécuté en septembre 1964.

 

Guerre des sables 

 

Le conflit opposant le Maroc à l’Algérie dit « Guerre des sables » a eu lieu  d’octobre au 5 novembre 1963 et finit par un cessez-le-feu 20 février 1964. Le comble des combles, il se  produit au moment où le FFS s’oppose au régime tyrannique de BEN BELLA. A tel point que celui-ci affirme le 30 septembre 1963, que les forces marocaines sont de connivence avec la rébellion de Hocine AIT AHMED.   

 

On se pose la question, pourquoi cette connivence et surtout cette coïncidence ? Les manœuvres n’ont pas été commandées par les forces occultes de BEN BELLA pour déchoir le FFS ? Puisque l’intégrité territoriale est si chère à toute personne algérienne sans exclusive, surtout pour la région de Kabylie, qui a  consenti tant de sacrifices lors des années de guerre contre l’occupation colonialiste.

Cependant, BEN BELLA hurla : « Hagrouna y al khaou ! » : « On nous humilie chers frères ! »  Tous les maquisards rejoignent le front y compris un contingent du FFS sous le haut commandement du Colonel Mohand Ou Lhadj.

 

Sur le terrain :

·         Les Forces Armées Royales (FAR)  sont mieux équipés, approvisionnés

·         L’ALN sous le haut commandement de BOUMEDIENE expérimentée  pour la guérilla, manque de logistiques, toutefois elle s’en est sortie ragaillardie.

·         Recours à Cuba et Egypte qui ont apporté aide humaine et matériel.

·         Les négociations entreprises « Accord du 6 juillet 1961 » par le GPRA de Farhat ABBAS sont caduques. Selon l’accord, une fois l’indépendance algérienne acquise, le statut de Tindouf et Colomb Bechar serait négocié.

·         Echecs de diverses négociations menées par BOUTEFLIKA, ministre des Affaires Etrangères.

On croit savoir que selon les analystes de l’époque, cet ensemble d’échecs est un des facteurs qui contribuent à la chute de BEN BELLA le 19 juin 1965.

 

Insurrection Kabyle de 1963

 

Le mouvement insurrectionnel initié par Hocine AIT AHMED demandant une légalité nationale, plus de démocratie et une véritable constituante a été reçue comme une fronde inacceptable par le grand baron du pouvoir. Les forces armées en fait une bouchée. Résultats 382 morts de jeunes soldats kabyles selon Abdelhafid YAHA et 450 morts  si l’on en croit Karim TABBOU. Et des centaines d’arrestations.

Poursuivis par les SS de BEN BELLA en Kabylie et dans l’Algérois, les rares maquisards et militants qui ont réussi à échapper à la terrible purge qui suivit l’arrestation d'AIT AHMED se tapissent dans leurs refuges ou cherchent irréparablement à gagner l’étranger.

 

Enseignement et identité

 

benbella-3.jpgOn a souvenance, qu’à Tunis, BEN BELLA  égosille trois fois : «  Nous sommes des Arabes ! Nous sommes des Arabes ! Nous sommes des Arabes ! » Une profession de foi qui ne vaut que des prunes ! Du coup il arabise le peuple  Algérien qui est fondamentalement Berbère et dans sa composante sociologique large : Ottomane, Andalouse, Africaine, Méditerranéenne et Orientale. Avec de fortes variantes  linguistiques et identitaires ancestrales.

 

A cette  oraison identitaire démolisseuse d’un peuple à la croisée des chemins culturels, BEN BELLA, chef des Tabors Marocains, fasciné par les idées pan arabistes, ramène 650 instituteurs Frères Musulmans égyptiens criminels (bon débarras pour le Grand  Rais Nasser !) pour investir le champ pédagogique de l’éducation nationale. Gamal ABD NASSER ne dit-il pas ?  « Gazair takfina wa takfikoum ! » : « L’Algérie nous suffit et vous suffit ! » Des bancs de l’école publique, républicaine sont nés les cadres d’état analphabètes bilingues, et toute une génération de ratés.

Dans son discours du 5 Juillet 1962, le président Ahmed BEN BELLA, accentue sa politique arabiste. Il entonne : «l’arabisation est nécessaire, car il n’y a pas de socialisme sans arabisation..., il n’y a d’avenir pour ce pays que dans l’arabisation."

 

En 1963, BEN BELLA  se lance dans une répression féroce  contre son peuple en visant principalement  les Berbères. Les prénoms Amazighes sont bannis car ils ont une consonance africaine.  L’état civil inaugure une liste officielle de prénoms arabes pour les nouveau-nés petits algériens. Et le paroxysme de la dépersonnalisation est atteint par BEN BELLA, il fit fondre l'unique alphabet Amazigh entreposé à l'Imprimerie nationale.

 

Réforme agraire

 

Il fait appliquer une autogestion agraire collectiviste, d’inspiration stalinienne, vouée à l’échec sans trop attendre. Comme en Union Soviétique où elle a vue le jour. « Le singe copie mal son maître » dit un proverbe bien de chez nous.  Les comités de gestion n’ont pas fait long feu. Ils ont juste  massacrées les exploitations agricoles performantes pendant les décennies colonialistes qui malheureusement, faisaient profiter les colons uniquement et la métropole.

 

Euphorie de l’indépendance

 

Un climat d’insécurité, et une loi du Talion s’instaurent. C’est le temps  de la haine, de rendements de compte.  On compte 10 000 harkis torturés et exécutés sans jugement. La vague d’enlèvements et d’arrestations d’Européens se fait en plein jour, sans que la police de BEN BELLA n’intervienne ou ne s’inquiète.

 

De mars 1962 jusqu’au 30 avril 1963, les statistiques officielles françaises enregistrent 3 093 disparitions : 969 disparus seulement sont retrouvés vivants et  306 morts. Ils manquent à la liste 1 808 personnes dont le sort reste imprécis

 

Biens vacants et Propriété privée

 

Devant la terreur exercée par l’OAS, les extrémistes nationalistes et la frénésie du départ, les Pieds-Noirs (Français d’Algérie) ont tout laissés derrière eux. Les sbires et la milice (Force locale) de BEN BELLA ont réquisitionnées tous leurs biens. En cercle restreint, ils les ont partagés entre eux, tels des charognards dépeçant un cadavre.

 

Ainsi, sous l’œil de leur président, ils deviennent propriétaires des commerces clinquants, des appartements grand standing, des villas de style, salles de cinéma, domaines agricoles, engins mécaniques, yachts... Quant à la propriété mobilière, foncière privée se trouvant dans l’indivision, appartenant au petit peuple, est nationalisé arbitrairement.

Aujourd’hui ces squatters à la merci de leur Gourou se trouvent à la tête d’un immense parc mobilier, immobilier, foncier, qui vaut des sommes inconsidérables. Tandis que d’autres frères vivent dans des bidonvilles ou sous des tentes nomades.  Un pays de SDF où les délateurs se prélassent dans leurs villas indignement acquises par la grâce du messie.

 

Vie sociale et emploi

 

Les Pieds-noirs partis, aucun secteur d’activé ne fonctionne. Les entreprises, le commerce... laissés à l’abandon, BEN BELLA est incapable de redresser la situation. Un exode rural effrayant fait que tous veulent s’installer dans les villes mieux équipées que la campagne ravagée par sept ans de guerre.  D’autres préfèrent aller ailleurs chercher de l’emploi, quitte à s’expatrier en Hexagone. On estime à 25 000 immigrants embarqués pour la France en 1962 et  100 000 en 1964.

 

Fonds de solidarité

 

De surcroit, il a fait du Trésor public son propre butin de guerre. Pour la petite histoire, concernant le Fonds de solidarité  « Sandouk  Tadhamoun ». Des femmes au prix de longues privations, gardant jalousement leurs  bijoux durant les années de braise, le  jour de la collecte nationale pour remplir les caisses du nouvel Etat, dans un élan de bravoure, de patriotisme, elles les ont offerts.

Qu’advient ce Trésor de l’indépendance nationale ?

A l’arrestation de BEN BELLA, lors de sa destitution par les hommes de   BOUMEDIENE « on découvrit dans la chambre du président  de la République un véritable trésor : plus de deux milliards  d’anciens francs en pièces d’or et en devises étrangères, caisse noire ou deniers de la corruption. Il est étrange qu’une chambre à coucher, fût-elle présidentielle, devienne une succursale du trésor public ? » rapporte Ferhat ABBAS. Il en fait des mules, à l’instar de BEN ALI, président déchu de la Tunisie où l’on découvre le trésor d’Ali BABA dans son palais présidentiel de Carthage.

 

Liberté et répression

 

Il séquestre la démocratie en interdisant la liberté  d’expression,  d'association ; l’existence même de toutes les autres sensibilités politiques et courants de pensée non assujettis à son ordre dictatorial: PRS, FFS, MNA, MTLD... et  le PCA lequel a joué un rôle important dans la libération du pays et son organe de presse « Alger Républicain ». En outre, il dissout la Fédération de France, remplacée par l’Amicale.

 

Il se barbouille du marxisme-léninisme en ne prenant que les dérives néfastes de cette idéologie plutôt stalinienne, dogmatique, son côté répressif, contre-révolutionnaire. Cette idiologie dans son essence humaine, égalitaire, sociale est transformée en un instrument répressif d’appareil policier.

A voir ce qu’il advient de son projet socialiste, Karl MARX se retournera deux fois dans sa tombe. Le socialisme scientifique devient un prêt-à-porter spécifiquement algérien présageant une « nomenklatura » indétrônable. On est face à une mafia qui fait la pluie et le beau temps où la manne pétrolière assure ses beaux jours.

 

Conférence Afro-asiatique

 

Programmant la conférence Afro-asiatique qui devait avoir lieu le 22 juin 1962 à Alger, « Sidi Ahmed le Bien-aimé » (ainsi surnommé dans le milieu des ambassades), fait construire le Palais des Congrès à club des Pins et l’Hôtel Aurassi  dans le quartier des Taggarins, dans les hauteurs d’Alger. Le projet est piloté par une équipe d’architectes égyptiens. Mais, ses différents travaux de soubassement ont vidé les caisses de l’état. Car l’hôtel est érigé sur un terrain vaseux, présentant des glissements de terrain. Il faillit se faire  emporter par les ruissèlements souterrains tels les crues du Nil.

 

Nacer BOUDJOU

18 avril 2012

 

Sources :

·         La prise de pouvoir par le FLN, Charles-Robert AGERON, in l’Histoire (dossier spécial), les derniers jours de l’Algérie française, avril 1999 n°231

·         L’élimination de  BEN BELLA, Historama, Louis GARROS, mars 1967, n° 186

·         Un algériens nommé Boumediene, Ania FRANCOS et J.P SERENI, Stock, 1976

·         L’indépendance confisquée 1962-1978, Ferhat ABBAS, Flammarion, 1984

·         BOUTEFLIKA : une imposture algérienne, Mohamed Benchicou, Editions Jean Picollec et le matin, 2004

Publié dans Politique

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Bederry 28/12/2012

Qui a promu Boukharouba au grade de chef de l'EMG ?