L’affaire des moines de Tibéhirine inaugure une crise sans précédent entre Alger et Paris

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Déjà difficiles depuis quelques années, les relations entre l'Algérie et la France entrent dans une période de fortes turbulences, après le témoignage d'un ancien militaire français mettant en cause Alger dans la mort des sept moines de Tibéhirine, au printemps 1996. Le même militaire a également indirectement mis en cause Alger dans la mort le 1er août 1996 de l'évêque d'Oran, Pierre Claverie. C'est la première fois que les autorités algériennes sont aussi clairement mises en cause par un pays étranger dans un dossier lié au terrorisme islamiste.

Habituellement prudent sur des affaires de justice impliquant des Etats étrangers, le président français Nicolas Sarkozy a réagi rapidement. Lundi en fin de matinée, quelques heures après la publication par la presse de ces révélations, il a demandé à la justice française d'aller jusqu'au bout de son travail. Pour sa part, l'ex- Premier ministre UMP (le parti de Nicolas Sarkozy), Jean-Pierre Raffarin s'est prononcé pour une levée du secret défense dans cette affaire. « Il faut qu'on connaisse vraiment ce qui s'est passé. C'est une affaire très douloureuse », a-t-il dit.

Lundi en fin d'après-midi, les Algériens n'avaient toujours pas réagi officiellement à ces révélations, sans doute les plus sérieuses mettant en cause l'armée algérienne depuis le début du terrorisme islamiste. Le président Bouteflika, en deuil suite au décès dimanche soir de sa mère, a annulé une partie de ses engagements publics. Il devrait toutefois participer mercredi prochain au sommet du G8 en Italie. Sur place, il devrait rencontre le président français Nicolas Sarkozy et sans doute aborder ce dossier directement avec lui.

Car de nombreuses zones d'ombres continuent d'entourer les révélations du militaire français. Pourquoi le militaire français a-t-il choisi de parler seulement maintenant, treize ans après les faits ? Si la mort des moines étaient causée par une « bavure » de l'armée algérienne, pourquoi le GIA avait revendiqué la tuerie ? Comment se sont déroulées les négociations avec les ravisseurs ?  Que s'est-il passé avant et après cette tuerie ? Et surtout : comment ces informations sensibles ont été diffusées dans plusieurs médias simultanément ?

Avant une éventuelle rencontre entre Bouteflika et Sarkozy à l'occasion du G8, une chose est sûre : cette affaire va peser sur l'avenir des relations entre Alger et Paris. Elle pourrait remettre en cause la timide politique de réconciliation entamée en 2007 après l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir.

Par  sonia lyes , le  06/07/2009  TSA Algerie


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