Sous les voûtes du Palais Hafcide Bach Hamba à la médina de Tunis ont peut visiter les objets appartenant au patrimoine des nord africains du 9e-13 e siècle. En guise d'introduction, pour présenter l'exposition intitulée " Islam en Sicile " qui se tient au palais Dar Bach Hamba dans la Médina de Tunis, du 16 février au 20 avril 2001, on est en droit d'emprunter ce passage à Edgar Morin. " Mer tricontinentale des rencontres fécondes et des ruptures tragiques entre l'Est et l'Ouest, le Sud et le Nord! Mer, qui fut le monde et qui demeure, pour nous Méditerranéens, notre monde!" tant sa fraicheur et sa justesse sont verdoyantes d'authenticité. C'est sous l'effet de cette observation commune qui reste vivace que chaque communauté méditerranéenne a évolué en marquant de son sceau indélébile les différentes périodes de l'histoire humaine. Des expositions s'organisent de plus en plus pour montrer cette force créatrice stratifiée aux cours des siècles. Ainsi, dans le même ordre d'idées suivi d'une ponctualité alertée dans ses loges, l'exposition sur la Sicile qui n'est pas des moindres, inaugure un hommage en donnant un coup de balai a l'oubli historique. L'exposition placée […]
Disons-le franchement : en cette période d’après-fêtes, on a bien besoin de détente (!), mais guère coûteuse ni en argent, ni en effort. Juste une sortie qui «remette les choses en place», nous fasse retrouver sérénité et bonne humeur. Une petite évasion pas trop éloignée qui sollicite davantage les sens que l’essence. En un mot : profiter sans trop se torturer les méninges. C’est fait ; c’est trouvé : nous irons à Toukaber et à Chaouach. «Deux excursions en même temps ? C’est ça votre proposition soft?». Mais non; plutôt deux délectations en une seule sortie. Territoire des Afris Toukaber et Chaouach, nous connaissons. Nous nous y sommes rendus voilà près de dix ans. Et, comment dire ? Le temps a fait son effet, en bien et en mal. Alors, évidemment, les choses ne sont plus tout à fait les mêmes, d’autant qu’une fréquentation relativement régulière durant cette décennie a permis de nouvelles découvertes, de celles qui ne se livrent pas de prime abord. Alors, tout ce paquet de considérations justifie un retour à Toukaber et à Chaouach. Les usagers de la RN5, reliant Tunis au Kef, ou de la RN6, menant à Béja, ne peuvent pas ne pas remarquer, par temps clair, au […]
Takrouna, petit village berbère du centre de la Tunisie, est juché tout en haut d'un promontoire.Entreprendre pour cette femme solide comme un roc est un devoir de mémoire. Elle veille depuis plus de 8 ans sur le village de ses ancêtres. Aida parcourt tous les jours presque 200 kilomètres pour accueillir ses hôtes. Entretien avec une femme qui s'identifie à son projet, mais pas seulement ! Webmanagercenter: Comment est né ce projet? Aida Bellagha Gmach: Ce projet est né d'un coup de cœur. Takrouna est le village de mes ancêtres. Dès que j'y ai mis les pieds, j'ai su que j'y finirais ma vie avec ou sans projet. L'idée s'est imposée à moi naturellement. J'ai de suite, avec le concours de mon mari, restauré la maison principale et sauté dans un avion pour participer à la foire du tourisme de Top Résa en France. J'ai compris qu'il fallait que je prenne contact avec les opérateurs touristiques tunisiens pour mettre mon projet sur les rails. J'ai signé mes contrats avec des agences de voyages et le village de Takrouna a aussitôt été introduit dans les excursions des touristes en vacances dans notre pays. Parier sur le tourisme culturel dans un pays qui souffre d'un déficit d'image […]
Tripoli, construite sur les vestiges de l’ancienne Oea, est agrippée à un promontoire rocheux qui s’avance dans la Méditerranée. Son quartier moderne comprend des immeubles à plusieurs étages, dont certains sont couverts d’une toiture aux tuiles rouges. Toute la ville est parsemée de palmiers dattiers, de mosquées entourées de cactus ou de figuiers. La ville de Tripoli est le pays aux trois cités par excellence : Sabratha, Oea (actuelle Tripoli) et Leptis Magna, fondées toutes dès l’aube de notre ère par les phéniciens et les carthaginois. Le théâtre de Sabratha est un chef-d’œuvre de la fin du IIe siècle de notre ère. Il est de style baroque fort en vogue dans l’architecture comme dans la sculpture Nord-Africaine. Les Byzantins ont légué des basiliques chrétiennes décorées de mosaïques parmi les plus belles de l’Afrique antique. Oea a été fondée par les phéniciens, en mémoire d’une ville de Syrie. Plus tard, elle tomba entre les mains des Goths. Le second calife Omar tenta de l’occuper, et les habitants furent contraints de l’abandonner après un siège de six mois. Ruinée, la cité a été reconstruite par la suite. C’est en effet, la ville de Septime Sévère, natif du […]
Benghazi est la principale ville de la Cyrénaïque, située dans le pays de Barka, sur le cordon littoral, en partie isolée de la terre ferme par des lagunes. Le port est orienté vers le nord-ouest. Toute la ville est blanche, contrastée par la couleur verte des palmiers longeant le front de mer. Benghazi est isolée du reste du pays, victime de la sécheresse des environs, et du fait qu’elle est éloignée des régions fertiles des plateaux d’Al Mardj et du Djebel Akhdar. Son nom dérive d’un Saint, Sidi Ghazi inhumé au même lieu. La ville moderne est construite sur le site de l’antique Euhéspéride ou Hesperis et Bérénicie qui avaient pris forme au temps de Ptolémée. Colonie grecque au Ve siècle avant notre ère, dont le nom Bérénicie ou Bérénice avait fleuri. Ses ruines ont servi de matériaux pour édifier la ville de Benghazi. Lemaire, consul de France à Tripoli, écrit en 1703 : « la fameuse ville, qui est devenue à présent un village, ne paraît pas avoir été superbe en bâtisses de marbre ; j’y ai seulement vu quelques petites colonnes de marbre, de jaspe et de granit ». La ville de Bérénicie, qui existait encore sous l’administration de Justinien ne paraît pas avoir dépassé en […]
Forcément, on aime tout de suite cette Tunisie intime de Tahar Ayachi que nous redécouvrons dans une vitrine de librairie. Fini les coupures de presse entassées au fil du temps, jaunies et s’effritant lamentablement. Pudique et discret à l’extrême, notre confrère n’en a pourtant rien dit. A parcourir ce «coin de planète appelé Tunisie» et dont il ne cesse de faire «le tour du propriétaire», il a appris à maîtriser les grands silences. Sites perdus, pistes risquées, sentiers des chèvres, accidents de parcours, Tahar Ayachi a tout connu, tout aimé. Parce qu’un résumé aurait la taille d’un roman, nous préférons le suivre, lui qui ne rechigne pas à l’ouvrage. Le voilà qui prospecte, observe, se désole, se réjouit, sans jamais se pencher sur l’abîme de son «moi». Bref, on voyage et c’est le but, on s’instruit aussi, on sent la beauté de ses réflexions, car plus que tout autre passionné, peut-être, l’auteur saisit l’esprit des lieux avec une fougue et un enthousiasme inégalables, fait des randonnées comme d’autres de la culture physique, pour s’entretenir, mais surtout pour préserver, à sa façon, ce patrimoine «enjeu de la survie morale et matérielle, la plateforme pour un élan […]
A l’origine, le cheval Barbe’’, berbère en l’occurrence, était utilisé comme cheval de guerre par les Maures, les Numides, les Carthaginois, et par Jules César, pour conquérir les Gaules. Ce cheval brilla durant des siècles et particulièrement en 1870, au milieu des désastres de la guerre Franco-allemande. Mais c’est singulièrement lors du premier conflit mondial de 1914-1918, en Macédoine, où il apportera la preuve de ses qualités exceptionnelles. Et plus récemment l’armée Allemande ouvrira les portes de Moscou avec des Barbes réquisitionnés en Tunisie par Rommel. C’est un faux tempérament froid allié à une véritable intelligence Appelé cheval de Barbarie par les auteurs Romains il y a plus de 2000 ans, le Barbe a toujours été élevé en Libye, Tunisie, Algérie au Maroc et depuis longtemps en France. Physiquement très endurant et supportant sans peine toutes les privations, il quitta très tôt les pays du berceau de race pour rayonner en Italie, Espagne et France sous la selle de guerriers mal connus, donc désignés sous le nom de Barbares qui fut pareillement attribué aux chevaux Barbes. Selon plusieurs hypothèses, on avance que son admission en Afrique du Nord date du […]
Le Burnous, burnoose, burnouse, Abournous... avant qu’il ne devienne un costume d’apparat dans les fêtes, les mariages, portés par des femmes, il a connu un long cheminement à travers des siècles. Identification « Burnous : du berbère : bournous, manteau de laine, à capuche et sans manche, porté par les Berbères, Imazighan, venu d’Afrique au début du XIXe S., inspire les créateurs de mode. Dès 1831, les élégantes dames adoptent ce vêtement traditionnel. Réalisé, à l’origine, dans une étoffe de poils de chameau blanche, avec un capuchon froncé garni de franges ou de glands, le burnous, est confectionné en cachemire, en taffetas ou en laine. A une époque où la largeur des jupes empêche le port d’un manteau, il a l’usage d’un vêtement long de dessus. Dans la revue La Mode en 1839, un journaliste vante cette nouveauté, qui « tient chaud sans froisser les toilettes, surtout le bas des robes toujours chargé de garnitures ». « Très porté jusque dans les années 1870, le burnous réapparaîtra chaque fois que la mode cherchera une inspiration originale. » Extrait de "Les Convulsionnaires de Tanger’’ (1837-1838) Eugène Delacroix Vision enfantine « Papa il avait un chapeau et un burnous et […]
« C’est aux abords du petit port de la cité Tinja, qu’Ulysse a jeté son ancre » La naissance de Tanger pouvait-elle échapper aux mythes tissés autour d’elle, tant le site où elle a vu le jour est féerique ? Une mer azurée, un horizon prometteur, invitation au voyage… L’espace qu’occupe cette cité, rêvée par tant de poètes, ne laisse aucun répit à ceux qui sont avides d'inattendu et de spontanéité. Ce n’est pas un hasard si Ibn Battouta, globe-trotter africain, y est arrivé au bout de son voyage, longeant le pourtour de la Méditerranée. « Tin-ja ! » Noyée dans une mer régénératrice et dans les mythes les plus fantastiques, Tanger s’en est sortie ragaillardie. Elle serait née selon la légende grâce à ces trois protagonistes : Noé, le rescapé du déluge et l’Elu de Dieu, Héraclès (Hercule) le fils de Zeus et Odysséus (Ulysse) le protégé de la Déesse Athéna. « Tin-ja ! », Terre retrouvée, terre rapportée ou surélevée ! C’est avec cette note de joie qu’après le déluge, Noé fêta la naissance de la cité, quand il vit arriver à l’arche perdue, sa colombe exploratrice, le bec souillé d’argile. C’est dans le pays des Hespérides, « le pays rouge », autrement dit, « le pays du […]
Imposante par ses édifices et ses immeubles d’une blancheur pure, Rabat, élevée en palais-forteresse au-dessus de l’Atlantique, nargue le temps. Elle est enracinée au sol, avec ses avenues bordées de palmiers, ses jets d’eau, ses allées centrales, son gazon, ses grands commerces, ses résidences, ses cafés… On est surpris par tant d’harmonie, de géométrie, de rationalité dans la composition urbanistique. C’est une ville moderne qui partage son espace vital avec une Médina qui continue à battre la mesure. Des espaces verts sont aménagés en jardins publics ombragés distillant la fraîcheur. Tout au long des chaussées, des arcades alignées protègent les passants des rayons du soleil brûlant en été et des pluies diluviennes en automne et en hiver. Pendant la saison estivale, en fin d’après-midi, les rues du centre de la ville prennent une ambiance de foire ou de souk. Des processions de flâneurs occupent des cafés spacieux. Le snack Bulima n’arrive point à contenir tous les consommateurs. Les abords des rues, les boutiques, les jardins récupèrent les retardataires. La circulation automobile n’est pas épargnée par le rush, n’était-ce la réglementation des feux tricolores. Au […]
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