Maître Antonio Cubillo est revenu à Alger après sept ans d’absence, pour participer au Colloque International Mouloud Mammeri, qui s’est déroulé du 20 au 22 juin 1992 à Alger, organisé par AWAL – CERAM, l’OREF et l’Institut Maghreb – Europe. Il a tenu à être présent à cette rencontre pour honorer l’œuvre de feu Mammeri. Cet avocat, défenseur des droits des travailleurs canariens, s’est initié à la linguistique et la culture Guanches, qui s’apparentent à celles du Maghreb. Patient et plein de verve, il a l’art de faire aimer son pays et de le décrire sans oublier aucun hameau de Palmas, de Lanzarote ou de Hierro... Allongé de côté sur le lit ou assis dans un fauteuil mou, car il est handicapé physique*, il laisse couler des mots qui ont une résonnance cristalline. On est à la fois capté par sa voix et son calme empli d’une sagesse digne d’un amusnaw, de Tagoro de Ténérife ou d’Aguere (La Laguna). L’entretien qui m’a été accordé, avec compréhension et courtoisie m’a beaucoup aidé pour saisir et connaître toutes les valeurs ancestrales avec lesquelles le peuple Guanche s’est éduqué tout en les préservant jalousement. V.M. : Qui est Antonio Cubillo ? A.C. : Un combattant pour
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«M.Mammeri a pris conscience de «la mort absurde» des cultures et des langues, quand de fausses allégations discriminatoires retiraient aux autres langues tous les droits rattachés à la dignité», a expliqué M. Ali Sayad. Le Colloque international sur l’apport des Amazighs à la civilisation universelle, initié par le Haut commissariat à l’amazighité (HCA), a pris fin jeudi, après deux jours de discussions et d’échanges d’idées entre plusieurs chercheurs et écrivains nationaux et étrangers. Cette rencontre a abordé la contribution variée des Amazighs à la civilisation humaine dans différents domaines, notamment en politique, philosophie, culture, arts et littérature. Les apports sont, donc, réciproques même si le monde amazigh a beaucoup diversifié la réception des apports à l’image de la diversité des occupants, il a aussi donné et contribué, à sa manière, en donnant aux autres ce qu’il a de savant, relevant de son génie. Ce colloque scientifique a, par ailleurs été une tribune pour les chercheurs et universitaires de discuter et identifier des pistes de réflexion pour démontrer la place du peuple amazigh dans l’histoire. A ce titre, le professeur en linguistique berbère à
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Contribution aux «Journées Européennes de la Culture juive » 25 août au 22 octobre 2009 Jeudi 12 octobre 2009, dans le Grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz, Berbères et Juifs se sont rencontrés pour passer une soirée placée sous le signe de l'amitié et du partage. Un public nombreux est venu écouter les témoignages d'Hacène Lekadir, conseiller municipal, de Stéphanie Sadoune présidente de la Coordination Berbère de Lorraine, Désirée Mayer présidente des Journées Européenne de Culture Juive-Lorraine, et William Schuman conseiller municipal. Ces quatre étonnantes personnalités aux parcours familiaux et professionnels différents ont démontré que deux communautés qui se respectent trouvent la voie du partage et de la tolérance. Pour évoquer la présence juive en Afrique du Nord, la Coordination des Berbères de France avait invité Nacer Boudjou, artiste et journaliste. Celui-ci rappela que Juifs et Berbères vivaient en bonne harmonie dans le respect des traditions de chacune des communautés. Biographie de Nacer BOUDJOU par Philippe HOCH Par son parcours professionnel, social et culturel extrêmement diversifié, comme on le verra, Nacer Boudjou se définit volontiers
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Mercredi 9 septembre 2009
Juba II, né en 50 avant notre ère et mort en 23 de notre ère, était l’Aguellid, roi de la Maurétanie (partie occidentale de la Berbérie). Il avait régné à Iol-Caesarea (Cherchell), capitale de son royaume. Etre souverain ne lui suffisait pas pour accomplir son itinéraire d’homme passionné par les sciences, les lettres et les arts. Il était au devant de toutes les connaissances de son époque. « Juba II, dit Pline l’Ancien, fut encore plus célèbre par ses doctes travaux que par son règne ». Il était admirablement respecté et reconnu par le monde hellénistique. C’était un lettré savant, érudit rompu à toutes les innovations. Ce qui poussa les Grecs à ériger sa statue auprès de la bibliothèque du gymnase de Ptolémée à Pausanias, en signe de reconnaissance. Tous les savants de son époque, et même plus tard, s’accordaient à voir en lui une intelligence inégalable. Plutarque le considérait comme « le meilleur historien qu’il y ait eu parmi les rois et qu’on le compte parmi les historiens les plus savants des grecs ». Il consacra sa vie entière à l’étude des lettres. Son long séjour en Italie, pendant son exil, lui permit de fréquenter les plus célèbres des bibliothèques. Il cultivait
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Berbères de l’Atlantique L'archipel des Canaries fait partie de l'Espagne et de l'Union Européenne. Il est composé de 7 îles : Grande Canarie, Tenerife, La Gomera, El Hierro, La Palma, Lanzarote et Fuerte Ventura. La datation au carbone fait remonter les premiers peuplements à 200 av. J.-C., mais il est possible qu'elles aient été habitées avant. L'origine des premiers habitants, qui se donnent le nom de Guanches (Igwanciyen) en Berbère, demeure l'objet de spéculations. On parle d'émigrants celtiques ou nordiques. Mais il est probable que les Berbères, venus de l'Afrique voisine, aient été les premiers à s'installer. Au Moyen-âge, différentes tribus, souvent ennemies, se partagent les îles. La seule île de Tenerife ne compte pas moins de neuf petits royaumes. Les Guanches vivaient en majorité dans des grottes, tels les Berbères des Matmatas de Tunisie ou ceux des Aurès en Algérie. Ils pratiquaient certaines cultures, la chasse et la cueillette. Population Jean de Béthencourt, gentilhomme normand travaillant pour le roi d'Espagne qui redécouvrit l'archipel en 1402-1404 y trouva une population, les Guanches, depuis très longtemps installés dans ces îles. Leur aspect physique
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Sur fond d’impressionnantes collines corrodées et d’une mer de dunes, Siwa surgit tel un mirage, ensemble de villages en briques crues de couleur ocre, à l’ombre des palmiers-dattiers et des oliviers verdoyants, reliés entre eux par des torrents, des sources jaillissantes et des jardins arrosés à profusion. Un paradis isolé, fait depuis des lustres par des mains de ses habitants d’origine berbère. Lesquels conservent et perpétuent encore leurs coutumes, traditions, davantage leur langue Tamazight. Depuis les temps reculés la Berbèrie ou Tamazgha entretenait des relations amicales, tantôt, belliqueuses avec l’Egypte. Les berbères ont enrichi l’Egypte par leur savoir, tant militaire, artistique que scientifique : navigation, construction d’édifices (pyramides, temples, monuments, décoration de fresques…), encadrement militaire (infanterie, conduite de chars, dressage de chevaux), agronomie… Si bien qu’ils devinrent des pharaons, tels Mesher, Meghiey, Sheshnoq... conquérants, chefs de guerre et ont régné sur une grande partie de l’Afrique orientale. Des mariages entre les deux populations ont été célébrés, voir dans la plus haute hiérarchie régnante, à l’instar de Juba II,
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Qui étaient les Garamantes ? Etaient-ils des descendants des populations Numides, Gétules, Imouchakhs... ? Ou bien étaient-ils les successeurs de ce que les Egyptiens appelaient "les peuples de la mer’’, qui vinrent de Crète et sans doute de beaucoup plus loin pour attaquer l’Egypte et qui se mêlèrent ensuite aux Libyens ? Les nombreuses gravures représentant des chars peints ou gravés, démontrent que les populations cavalières issues des "peuples de la mer" avaient atteint le Niger, 1000 ans avant notre ère. Les Garamantes, ce sont des berbères libyens habitant le Fezzan en Tripolitaine, le Tassili N’Ajjer et l’Air, depuis le troisième millénium '’âge d’or’’ avant notre ère. Ils ont établi leur capitale à Garama (Djerma moderne), Tagharma ou Tighramt ( ville fortifiée, citadelle) en Tamazight. Cette capitale se trouve au sud de Sabratha et de Magna de Pepcis. Le nom des Garamantes (Idjarmanyan ou Ath Tgharma) signifierait « les gens de la cité ». Les nombreuses ruines, des tombes et constructions diverses qui occupent l’oued El-Agial, témoignent en faveur de cette hypothèse. Garama en ruines Le nom de Djerma désigne aussi une race de cheval de sang provenu des races de
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L'histoire de la fondation de Cheragas est différente de celle de l'ensemble des villes et villages du pays. Cheragas prit forme comme ville au sens moderne du terme grâce à un arrêté répondant au plan de la colonisation. Elle est l'avant-garde de la ligne de percée colonisatrice dans le Sahel, " La Route historique " reliant Sidi Ferredj à Alger. Bien avant la pénétration des forces françaises, des demeures et des fermes de dignitaires Ottomans et de riches Maures existaient. Les tribus Cheragas y cultivaient leurs terres. Chéragas a élu domicile sur des pentes arrondies issues du mont Bouzaréah et fuyant avec souplesse en une déclivité continue vers l'Ouest, vers les côtes méditerranéennes. Jadis, une multitude de sources jaillissaient et coulaient le long du flanc des collines ou dans les fonds des ravins, dessinant de longues traînées de verdure sur l'itinéraire de leurs eaux. Partout, des oliviers se partageaient le terrain avec des palmiers élancés , des haies d'agaves et de cactus très
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Tipasa, établie non loin de Cherchell et d’Alger, est implantée au bord de la mer, sur un haut périmètre qui lui donne l’avantage de tout dominer. Sur son côté ouest, une montagne surgit de la terre et se dresse majestueusement pour la protéger et l’embellir. Le « Chenoua qui prend racine dans les collines du village et s’ébranle d’un rythme sûr et pesant pour aller s’accomplir dans la mer », note Albert Camus. C’est une épine dorsale à 904 mètre d’altitude, constituée de grès, d’argile, de schiste et de mauvaise terre. La nature calcaire de la partie centrale du massif favorise la constitution de réserves hydriques. Au nord du versant, des sources jaillissent sans interruption. On y trouve de nombreuses grottes et abris sous roches du littoral méditerranéen, occupés pendant la période néolithique et antique par des chasseurs et des pêcheurs, telle la grotte Roland, à proximité du cap Chenoua. A l’entrée, un rideau à l’état d’achèvement descend de la voûte avec deux épaisses stalactites blanches, translucides, suspendues le long des parois. Les eaux arrivant par de petites conduites ont tissé d’admirables dentelles jetées sur les parties charnues des parois. Une vieille
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Cherchell, née d’un terreau maure, baigne dans une mer entourée de pentes verdoyantes qui exhalent un parfum d’Attique. Son histoire ne fait que légitimer sa personnalité et son appartenance aux mondes à la fois méditerranéen, africain et oriental. Tous les soubresauts dus aux soulèvement et aux conquêtes ont fait d’elle une cité indomptable. Cherchell est le chef-lieu d’un arrondissement rattaché au département de Tipasa. La ville, par sa côte et ses contreforts du massif des Aït Menasser, nous rappelle un coin de Grèce transplanté en Afrique. Sur la place des Martyrs qui surplombe le mer, on voit une mosquée qui fut une ancienne église de style doriaque. Ateliers de sculpture de la Grèce Mahfoud Kaddache, historien en parle ainsi : « Nulle part, on n’a découvert autant de statues antiques. C’étaient des copies d’œuvres célèbres. Le musée de Cherchell nous en offre quelques spécimens : un Hercule, copie d’un bronze de Myron, l’Apollon de Cherchell où on a voulu reconnaître une œuvre de jeunesse de Phidias, une Athéna dont l’original était dû à un élève de Phidias, Poséidon debout, Esculape assis, un buste de Dionysos, un torse d’Aphrodite, etc… » A croire que les
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