Révolution de jasmin« Thawrat el yasmin » quel beau nom !

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Et liberté j’écrie ton nom

 

Ce qui se déroule en Tunisie a gagné de vitesse toute espérance limité et tout pronostic d’une stratégie hautement politique. Cela déroute les analystes politiques, les experts en sciences politiques, les observateurs des rives sud de la Méditerranée. Y compris la diplomatie française qui a été déroutée, prise de cours par la vitesse de propagation (elle plongée dans l’affaire des deux otages et exécutés par la branche armée de l’AQMI). Du coup également, on ne parle plus de Laurent Gbagbo. La Côte d’ivoire se voit écartée des actualités et des agendas officiels.

 

Au lieu de prendre conscience des événements qui transforment en profondeur la Tunisie, de les analyser par ses conseillers, Michèle Elliot-Marie, ministre des Affaires Etrangères, propose au Gouvernement de Ben Ali d’aider ses forces de sécurité. « La France est experte en la matière » a-t-elle dit.  On a vu comment d’autres décideurs sous d’autres gouvernements ont réagi à la prise de la mosquée de la Mecque par un illuminé, le 20 novembre 1979. Un massacre dit-on. On a appris par ailleurs, que du matériel de répression destiné à la Tunisie est bloqué à l’aéroport de Roissy. La légitimité de la foule de la rue réclamant du pain, du travail, de la dignité est authentique. « On est aussi démocrate ailleurs qu’en France. »

 

Comme une traînée de poudre, on imite dignement Mohamed Bouazizi qui s’est immolé par le feu dans sa ville à Sidi Bouzid, en Algérie, en Egypte, en Mauritanie… Le martyr de la liberté est devenu une icône du combat démocratique. Quelque part l’histoire des peuples aussi s’écrit avec de nouvelles formes de lutte. Ce héros admis à l’hôpital, puis mort de ses blessures a entrainé la chute précipité de Zine Al Abidine Ben Ali. L’image d’une victime momifiée allongé dans on lit d’hôpital face à un président en bonne santé laisse présager ce qui arrivera en un temps record du 17 décembre au 14 janvier 2011, une vraie révolution. L’année nouvelle s’ouvre sur une ère nouvelle de la Tunisie.

 

La France du pouvoir, de la droite est décalée de l’histoire des pays en émergence. Ailleurs aussi des tentatives de démocratisation sont en cours d’expérimentation. Aucun pays historiquement connu n’a pu réaliser tel exploit. Un mois, jour pour jour, la rue a  pu fait déposer son dictateur.  La révolution de jasmin est enclenchée.

 

Nacer Boudjou

20/01/11

Publié dans Politique

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