Louisa Barouki: Une étoile qui monte...

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Qui peut se passer du JT de l'ENTV, lorsque Louisa Barouki commente en Berbère de Souk Ahras les évènements se déroulant de par le monde?
Cette étoile a vu le jour, il y a de cela vingt-huit yennayers (années) à Madaure ou Mdaourouch, (son nom actuel), village d'Apulée, auteur de  "L'âne d'or" en latin , premier roman écrit  vers le IIème siècle de notre ère. Cette jeune présentatrice du bulletin d'information à l'écran national s'impose par ses yeux fixant les téléspectateurs, sa chevelure noire bleutée, semblable à l'aile d'un corbeau, la douceur de son visage et voix cristalline.



Comment es-tu venue dans le monde des médias ?

 
J'ai commencé à la radio nationale, Chaine Il (Kabyle) en décembre 1990, comme présentatrice du bulletin  d'information version Chaoui. J'ai passé d'abord un concours pour  être  admise. Et depuis, j'exerce ma profession de journaliste professionnelle dans le secteur public.

 

As-tu déjà travaillé à la  presse écrite avant de passer à la presse parlée?

 

Oui, naturellement, j'ai, fais une petite expérience qui a duré quelques mois dans un journal d'expression arabe "Essabil adimocrati", c'est un mensuel qui n'est pas... très  connu du grand public, d'ailleurs, il a cessé de paraître, faute de  moyens financiers. Ensuite, j'étai attachée de presse durant quelques mois en faisant surtout la revue de presse : éplucher les journaux, sélectionner les articles, faisant les dossiers, etc. Ceci m'a poussée  à écrire sur plusieurs domaines. Les contacts avec les gens me sont très bénéfiques sur tous les plans. J'ai aimé la presse écrite,  je veux bien continuer, mais aucune occasion ne s'offre à moi.

 

Louisa, tu peux me parler de  ton cursus Scolaire ?

 

J'ai commencé par une licence en sciences politiques (relations internationales) et un magister dans  la même filière. Et maintenant je  prépare une thèse de troisième  cycle toujours, dans là même discipline.

 

Comment ou pourquoi as-tu décidée d'être une speakerine  du journal télévisé de l'ENTV et d'expression amazigh ?

 

Sur décision du gouvernement  de Ahmed Ghozali d'officialiser le journal télévisé en amazigh, le DG de l'ENTV s'est réuni avec le DG de l'ENRS pour mettre au point cette décision en sollicitant les journalistes d'expression  amazigh. L'équipe de la radio chaine II a répondu par l'affirmative, c'était en décembre 1991, avant les électives législatives. Dans le programme c'était prévu un journal complet avec images illustrant les événements qu'on doit commenter. Le projet ficelé devait avoir lieu avant le 15 janvier 1992.  Et depuis rien n'a été respecté. on attend toujours.

 

Mon premier bulletin, je l'ai présenté le 28 décembre 1991 à 23 heures. mes collègues ont débuté le 23 ou le 24 du même mois, je n'ai pu commencer au même temps que mes collègues, j'étais en mission à Batna pour couvrir la campagne électorale. Toute l'équipe de journalistes est pleine d'ardeur et d'enthousiasme et pour moi, c'est un rêve qui coïncide avec ce que j'ai émis comme souhait en quatrième année moyenne : speakerine de télévision. Mon travail est basé sur les dépêches, les carnets de routes que je fais sans difficulté. La présentation  est toute autre.

 

Comment as-tu été sélectionnée et quelles sont les premières impressions sur le JT que tu as présenté?

 

J'ai passe un test devant la camera et les projecteurs du studio en direct sans préparation  au préalable. Et comme vous le savez je n'ai pas l'habitude d'être. devant l'arsenal audiovisuel. Le jour "J" j'avais un trac fou, je sentais mon cœur battre, tellement fort que j'avais l'impression  qu'il va passer au micro. Et j'ai terminé par esquisser un sourire. J'ai passé le micro à Souraya  Bouamama en  s'affalant sur la table sans faire attention que la caméra  a pris ce geste en grand plan. Après, tout le monde me disait qu'est-ce que j'ai eu (émotion pardi !).

 

Louisa, toi qui as fait des études pratiquement en langue arabe et que tu maîtrises bien d'ailleurs, peux-tu comparer l'expression arabe à celle d'amazigh ?

 

Les journalistes d'expression arabophone et francophone s'expriment mieux que nous, les amazighophones, car, on est limité par le vocabulaire et les expressions. On s'adresse à un public précis qui ne comprend ni le français, ni l'arabe. On se limite à utiliser le langage parlé dans la dénomination des concepts politiques, culturels, ce qui fait des fois on exprime en un seul mot plusieurs phrases simples. Devant cette situation les néologismes, les termes nouveaux sont utilisés progressivement, il faut du temps pour que les téléspectateurs s'habituent. C'est aux chercheurs en linguistique de trouver des termes nouveaux pour que la langue soit à jour. Les chercheurs en linguistique doivent nous aider. Le JT en amazigh doit avoir des conseillers en matière de langue. on  ne peut pas faire le JT et la recherche linguistique en même temps pour ne pas tomber dans des erreurs. Beaucoup de téléspectateurs  nous critiquent et oublient de nous aider. Par contre, les associations culturelles elles sont plus solidaires, nous aident en nous envoyant des fiches de vocabulaires pour améliorer le bulletin d'information.

 

Le journal fait partie des mœurs des Algériens, les téléspectateurs s'habituent de plus en plus à l'expression amazigh. Je reçois beaucoup de courriers de différentes régions d'Algérie, ils demandent surtout des images pour illustrer les événements que je lis au micro.

 

Quels sont les projets?

 

Je souhaite produire des émissions avec des gens qui ont de l'expérience dans le domaine de la télévision. Il n'ya a pas longtemps j'ai commenté en arabe populaire un documentaire réalisé par Belkacem Ouahdi "Bahloul Iguelfan", qui traite du patriotisme culturel des Aurès.

 

Entretien réalisé par Nacer BOUDJOU

LE TELL Multimédias

Semaine du 9 au 15 février 1993

Numéro 14

 

 

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