Le Caire à l'heure de gloire pour les Fennecs!

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Après l'embuscade organisée par les supporters égyptiens fanatisés contre les Fennecs, tous les algériens galvanisés dans la rue se préparent à s'envoler pour Khartoum.


Il n'est pas à écarter que Hassan Abdallah al-Tourabi,
membre des Frères musulmans fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis 2003 à une guerre civile à l'origine de 300. 000 morts selon l'ONU, mais de 10. 000 selon Khartoum, et de 2,7 millions de déplacés.

Ceci étant, aux cris de guerre "Allah Akbar... Bouteflika!", "Armée, Peuple  en avant tout pour Soudan!", "In challah ô mon dieu l'Algérie sera qualifiée!"... des jeunes chauffés à blanc se proposent pour une Croisade en terre Nubienne, pour s'attaquer aux armées de Cléopâtre. Ils s'embarqueront du moins pour prêter main forte aux gladiateurs. Ne formeront-ils pas des groupes de hooligans,  afin de bouffer des fèves égyptiennes?

A Alger dans une euphorie totales, des jeunes improvisent des scènes macabres, exhibition d'un cercueil représentant l'Egypte, brûlent les signes égyptiens, allument des fumigènes... Même ambiance qui a précédé la guerre du Golf, invasion de  Gaza  par les troupes israéliennes...

Une littérature au vitriol emplit les pages  de la presse nationale et les sites web. L'histoire revient au galop: Shechnoq qui a guerroyé les armées pharaoniques revient au goût du jour, la fondation du Caire par les Fatimides kabyles et qui par la suite ont envoyé la déferlante  Hilalienne pour mettre à feu et à sang l'Afrique du nord, le roi berbère Juba II marié à la fille de Cléopâtre, les frères musulmans de Ahmed Al Banna (grand-père de Tariq Ramadane), les instituteurs du Fayoum venus arabiser les algériens avec la bénédiction de Ahmed Ben Bella ("Nous  sommes arabes" aurait dit trois fois ce même Ahmed aux Egyptiens) et de la camarilla issue de Djamaa El Azhar et tralala!  Les feuilletons à l'eau de rose que les soupirantes citadines adorent, Cheikh El kechk, El Kardaoui...

Mais, les hooligans égyptiens "délapideurs" ne sont pas le peuple égyptien dans sa majorité. Ces fous du ballon manipulés par leur gouverneur pour réédifier le patriotisme en perte de vitesse pour cause de crédibilité: chômage, corruption, violence s'en foutent de ce que deviendraient les relations interafricaines.

Pourquoi ne pas détourner cette violence, la canaliser et l'envoyer comme un feu de déluge contre les châteaux construits par les apparatchiks du pouvoir au lieu s'entretuer entre africains. Les valeurs saines et positives longtemps véhiculées par le football et le Mondial, comme la tolérance et le fairplay ont été tuées samedi dernier au Caire par les Egyptiens, avec la complicité de la FIFA.

 Des joueurs terrorisés, humiliés


Les joueurs étaient terrorisés à tel point qu'ils ont joué dans la peur de perdre et surtout de gagner, dans de ce lieu de torture, qui est le périmètre du stade où des tyrannosaures, des Dracula assistaient. Personne n'aimerait être à la  place de ces artistes de la balle ronde. Ainsi, le joueur de l’ES Sétif Khaled Lamouchia été grièvement blessé à la tête. Trois autres joueurs de l’équipe nationale ont été touchés par les projectiles, blessés à des degrés moindres : Djebbour, Haliche et Saïfa.  Ils ont été soignés à l’hôtel par le staff médical de l’équipe nationale et ils ont tenu à jouer malgré leurs blessures corporelles et surtout psychologiques.

Demain ces rescapés de l'embuscade cairote  joueront avec calme et sagesse. Ils arracheront au ballon des chansons de paix, de sérénité jusqu'a atteindre le nirvana sportif et la rue suivra dans un hymne à l'amour fraternel. Le sport n'est-il pas le fédérateur des peuples jaloux de leur liberté?

Nacer BOUDJOU

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