Diaspora Juive aux pays des Imazighan

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Contribution aux «Journées Européennes de la Culture juive » 25 août au 22 octobre 2009

 

Jeudi 12 octobre 2009, dans le Grand salon de l'Hôtel de Ville de Metz, Berbères et Juifs se sont rencontrés pour passer une soirée placée sous le signe de l'amitié et du partage. Un public nombreux est venu écouter les témoignages d'Hacène Lekadir, conseiller municipal, de Stéphanie Sadoune présidente de la Coordination Berbère de Lorraine, Désirée Mayer présidente des Journées Européenne de Culture Juive-Lorraine, et William Schuman conseiller municipal. Ces quatre étonnantes personnalités aux parcours familiaux et professionnels différents ont démontré que deux communautés qui se respectent trouvent la voie du partage et de la tolérance.

 

Pour  évoquer la présence juive en Afrique du Nord, la Coordination des Berbères de France avait invité Nacer Boudjou, artiste et journaliste. Celui-ci rappela que Juifs et Berbères vivaient en bonne harmonie dans le respect des traditions de chacune des communautés.

 

Biographie de Nacer BOUDJOU par Philippe  HOCH

Par son parcours professionnel, social et culturel extrêmement diversifié,   

comme on le verra, Nacer Boudjou se définit volontiers comme « un homme

de convictions nobles » et un partisan de la culture du partage — sa

présence et son intervention ce soir le montrent avec évidence. Algérien, il

est né dans un croisement où, dit-il, se nouent et se dénouent

passé, présent et futur.

Nacer Boudjou est diplômé, d'une part dans le domaine des Études

supérieures artistiques et, d'autre part, dans les métiers du multimédia, tant

en Algérie qu'en France. L'histoire et la critique de l'art lui ont ouvert les

portes de la Renaissance, pour des voyages d'étude à Florence, Rome,

Venise ; mais il s'est aussi intéressé au baroque espagnol, à Madrid, Tolède,

Valence ou encore Barcelone.

Puis, il a occupé divers postes dans l'enseignement et dans les institutions

culturelles, dans le cadre de l'École supérieure des Beaux Arts d'Alger ; de

la Biennale des arts plastiques d'Alger ; du ministère de l'Enseignement

supérieur ; ou encore du ministère des Affaires sociales.

Le métier de journaliste multimédia et d'attaché de presse occupe

également son temps et le conduit partout dans le monde. Nacer Boudjou

collabore ainsi à divers agences et organes de presse, aussi bien algériens,

tunisiens, espagnols, sud-africains, luxembourgeois que français.

On notera encore, car cette activité concerne indirectement la thématique

d'aujourd'hui, qu'il a produit et animé une émission à la Radio nationale

algérienne relative à la littérature écrite de langue berbère. Il est parmi les

premiers à avoir supervisé, en tant que rédacteur en chef, un journal

d'expression berbère, en l'occurrence Amaynout.

En outre, il a réalisé un film documentaire intitulé « Parole retrouvée », qui

 

porte sur l'immigration berbère dans le bassin de Longwy.

 

Nacer Boudjou exerce actuellement la profession d'écrivain public à la

 

mairie de Mont Saint-Martin, dans le Pays Haut ; il est en outre

 

correspondant de presse pour le Républicain Lorrain.

 

Je terminerai en disant que notre conférencier, qui a décidément beaucoup

 

de cordes à son arc ou à son instrument de musique, est aussi artiste,

 

puisqu'il peint et réalise des œuvres graphiques qu'il projette d'exposer.

 

Signe de son ouverture et de son attention à la culture des autres, Nacer

 

Boudjou s'est intéressé à l'histoire des Juifs d'Afrique du Nord, depuis les

 

temps les plus reculés jusqu'à la période contemporaine, et à leur diaspora ;

 

un sujet qu'il a beaucoup étudié et dont il va nous entretenir, par le verbe,

 

mais aussi, à la fin de son évocation, en image et en musique, pour nous

 

montrer la grande proximité, au long des siècles entre Berbères et Juifs.

 

Nous l'écoutons.

 

                 

Résumé de la conférence animée par Nacer BOUDJOU

De tout temps, Tamazgha, Berbèrie, Etats Barbaresque... pays des Imazighan, autant de noms qui désignent cette immense terre de l'Afrique septentrionale, comprenant le Libye, la Tunisie, le Maroc, la RASD, la Mauritanie et les régions sahariennes, a été une terre d'asile et d’hospitalité aux peuples persécutés par des régimes tyranniques. Des Hébreux ou Juifs comme les Phéniciens (Philistins) ou Puniques, ancêtres des Palestiniens actuels,  les Grecs, les Romains et bien d’autres ont atteint les côtes nord africaines dont certains ont développé le commerce ou demandé l’hospitalité. Tandis que d’autres animés par des idées de domination ont fait assoir des stratégies de colonisation et d’exploitation.

Depuis, les Juifs fuyant l’arbitraire se sont établis, se sont confondus avec les gens de souche africaine qui sont les Imazighan dans leur diversité et ont fait de cette terre leur propre patrie. Ils ont transmis leur savoir culturel, technique, et en contrepartie, ils se sont imprégnés des coutumes et des valeurs locales : tolérance, sagesse, partage… De là des tribus de Berbères Juifs ont vu le jour en symbiose avec les populations locales.

Aujourd’hui, à la fondation de l’état d’Israël, mis à part ceux qui vivent encore à Tamazgha, plus précisément au Maroc et en Tunisie, des milliers de ces juifs ont émigré et se sont établis définitivement en Israël. Pour éviter leur déracinement total et pour préserver leur identité culturelle, ils ont créés des associations et des centres de la mémoire collective.

C’est en me référant au texte  qui suivra de Mme Désirée Mayer, Présidente des JECJ-Lorraine que je me fais le plaisir de vous présenter un court exposé permettant de connaitre le parcours historique de ce peuple Hébreux-Juif : Sépharade et Berbère Juif  en Afrique du Nord.

 

« Ensemble, présents, en vue d’un dialogue interculturel, nous explorons des apports culturels et historiques du passé. Mais le passé dont nous parlons n’est pas celui du passéisme, c’est dans la tension vers l’avenir que nous souhaitons l’interroger. Les références identitaires et les différences (salutaires!), que nous voulons mieux connaître et faire connaître, seront convoquées, non pour en faire des plateformes de revendication, ou des prétextes aux stratégies de repli, mais pour les ouvrir à la pensée, et les voir œuvrer à l’enrichissement du tissu social et à la promotion de la reconnaissance et du respect. »

NB

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