Le troubadour du signe

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Quelque part dans l’oubli, dans l’incertitude ou dans l’espoir tout proche, un signe est né. Sa naissance n’est ni un accident, encore moins un rejet par opulence ou par dégoût. Tout a commencé par le hasard d’une circonstance qui a fait que sont géniteur se trouvait associé à une manifestation culturelle dans l’un des villages de « Maatkas » qui est le cœur palpitant des anciennes traditions numides en matière de poteries, de tissage, sculpture sur bois…

 

Le signe qui est une empreinte ancestrale mille fois millénaire existe encore, malgré les tentatives audacieuses de l’anéantir à jamais, a hanté discrètement tous les objets que les ruraux  autochtones utilisent dans leur quotidienneté arraché cueilli d’un geste qui en dit long par Smail Metmati, amour porté aux valeurs culturelles du milieu qui l’a vu évoluer.

 

Cet enfant terrible de la vallée de la Soummam ne va pas de main morte pour exprimer son identité à sa façon. Néanmoins cette identité galvaudée, noyée dans un new look version arts plastiques.

 

Toutes ses peintures croquent, pétillent pour laisser libre cours à la vérité emprisonnée dans des surfaces surchargées. Toutes les techniques, les matériaux qui ont tendance à se confondre avec ceux qu’utilisent les maghrébins dans leurs demeures tels que : bouse de vache, terre battue, recoins revêtus de suie… sont majestueusement hissés sur des cimaises.

 

Après son long parcours dans un cursus « Arts appliqués » où il s’est familiarisé avec la calligraphie, décoration sur bois, miniature, art figuratif, suivi d’une pause de quelque années qui l’a forcé à méditer la création plastique. Et soudain tout a changé, pour lui, un manque se fait sentir « les Arts plastiques sont un domaine à explorer intelligemment ». A cette réflexion, l’approche avec les arts populaires, l’architecture traditionnelle, les motifs décoratifs lui ont fait prendre conscience de ce qu’est l’expression au sens large. Ses toiles où le naturel dresse le constat sur la peinture née dans un environnement où la pauvreté de la matière réduite aux premiers balbutiements, crie sa douleur par des gémissements qui percent les lignes horizontales entrecoupant la surface des tableaux. Des soleils stylisés, des messages en Tifinagh nous communiquent des vies justifiées par des testaments tirés des stèles antiques ou des manuscrits que les touaregs : ont eu l’idée d’enfuir dans des sacs en peau d’antilopes pour échapper aux razzias.

Que de légendes, de lettres d’amours en hommage à Tin Hinan, Tiski, Soumicha… restent ouvertes dans ses œuvres pour nous renseigner.

Metmati, n’est point des moindres pour dire ce qu’il reste encore a dire (quoi qu’on dise). Le Mouvement Aouchem vit de plus belle…

 

Nacer Boudjou

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