Entretien avec Habib Bouabana, Artiste-Plasticien: "Poète-plasticien jusqu’au bout du pinceau"

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Il est des hommes qui font de leur vie une raison intrinsèque pour se faufiler dans le labyrinthe du
quotidien spatio-temporel, d’autres pour surmonter le flot caressant de l’aventure et l’amour de déposer le sceau d’un contrat, afin de détruire et mettre fin à l’injustice des cœurs et du destin. Habib Bouabana, artiste-plasticien, poète, chroniqueur tunisien imbattable de par sa fonction et sa sensibilité est le dernier de cette gent roublarde.

 


«  Le Renouveau » : Bouabana, qu’est-ce que le « métier de vivre » t’a appris, toi l’adversaire d’une vie monotone et bien réglée ?

 

H. Bouabana : Tout d’abord au début « Le métier de vivre » m’a appris d’une manière relative à aimer les hommes et les haïr plus tard.

 

Que fais-tu pour échapper au train-train quotidien ?

 

Je demeure égal à moi-même.

 

Est-ce que ce qui se passe sous d’autres sphères socioculturelles te secoue un peu ?

 

Je ne suis pas le genre d’hommes qui parle des autres, tellement j’ai appris à entendre ce qu’on dit de moi. Encore moins le pseudo-peintre arabo-musulman qui se fait le plaisir de parler des gens. On n’arrête point d’être des suiveurs des autres, sans tenir comte de ceux qui sont issus de notre propre chair et de notre sang. Il faut refuser « l’universel » penché du côté  des Occidentaux seulement.

 

Quelle harmonie établis-tu entre la philosophie et la pratique artistique ?

 

Un artiste qui se respecte, un penseur, ou un homme tout court ne doit pas être un opportuniste. Il doit demeurer dans sa dignité et sa grandeur. Il faut qu’il éloigne la peur d’être effacé, oublié par son statut d’homme public. A partir de ce moment, vient le mystère et la magie de la création artistique et intellectuelle. C’est cela qui conduit à l’échelle de l’homme, au-dessus de toutes mesures et de la mêlée.

 

Si tu es appelé à proposer une brochette de peintres tunisiens, lesquels représentent-ils mieux le courant pictural le plus crédible ?


MM. Zoubeïr Turki, Abdelaziz Gorgi, Jalel Ben Abdallah qui ont chanté « la joie de vivre » à l’époque coloniale à leur manière jusqu’à nos jour. Feu Bettaïeb Rédha, Moncef Ben Amor qui, malheureusement, se sont donnés la mort par désespoir. Ainsi que Ammar Debbech, Rafik El Kamel, Lamine Sassi et Faouzi Chtioui qui brillent ces dernières années par leurs créations très originales. Et moi avec modestie, qui ai sans cesse interprété la souffrance quotidienne, depuis l’âge de 20 ans jusqu’à ce jour malgré mes gloires.

 

Les personnages féminins envahissent tes tableaux et tu n’as aucun moyen de les éloigner. Quel pacte as-tu signé avec eux ?

 

Les femmes dans mes peintures retrouvent leur sensibilité et leur beauté intelligente. Elles sont loin de la vulgarité esthétique. Je n’ai jamais peint les femmes qui reflètent l’instinct animal. J’ai souvent peint les femmes qui appellent à l’amour vrai, à la fraternité et à la nation idéalisée. Je suis séduit par l’idée d’une femme qui n’existe pas encore « Une femme-Patrie ».

 

Entretien réalisé par Nacer Boudjou

Publié dans Réalités, Tunisie

 

 

 

 

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