Pourquoi Michael Jackson n’a jamais chanté en Algérie?

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«T’mout yema ou matmoutch Michael.»

Déclaration d’un fan algérien lors des rumeurs de la mort de Michael en 1989.

Tous les médias du monde entier ont diffusé la cérémonie de l’enterrement du roi de la pop: Michael Jackson, sauf... l’Algérie. Les médias lourds algériens en tout cas ont ignoré l’événement. Ils sont tous occupés par le Panaf. Canal Algérie n’a même pas daigné faire un sujet sur la disparition de la pop star, alors que les Algériens sont connus pour être de grands fans de Michael Jackson. Et pourtant, vers la fin des années 80, Michael Jackson a inspiré deux grands artistes algériens: Takfarinas et Hakim Salhi. L’un l’imitait par la voix et l’autre par la danse. C’était à l’occasion d’un concours de danse organisé par le Centre culturel français que Hakim Salhi a décroché le meilleur prix en utilisant la fameuse danse, le moonwalker. Il utilisa même les mêmes gants et les fameux mocassins avec chaussettes blanches pour ressembler à son idole. Même chose pour Takfarinas qui a utilisé le même costume brillant comme Michael Jackson.

Takfarinas et Hakim Salhi ont même collaboré, ensemble, dans un clip Way telha sur l’esplanade de l’Oref. Cette période a vu plusieurs centaines d’Algériens imiter l’auteur de Billy Jean et Beat it, au point que les organisateurs avaient à plusieurs reprises pensé à ramener le king de la pop pour un concert en Algérie au stade du 5-Juillet. Mais la situation sécuritaire en Algérie ne permettait pas l’organisation d’un concert à cette époque-là. Alors qu’en octobre 1996, les Tunisiens, petite destination touristique en Afrique du Nord, réussirent à convaincre the king of pop, Michael Jackson, à venir faire un concert unique. Un bon coup de pub pour la Tunisie qui souhaitait attirer des touristes supplémentaires pour cet événement unique en Afrique. Des milliers d’Algériens ont alors pris leurs voitures pour aller découvrir cette star planétaire qui passait pas loin de leurs frontières. En réalité, à l’époque, aucun organisateur algérien ou même étranger installé en Algérie n’était capable d’assumer les lourdes responsabilités d’une telle opération. Des tonnes de matériels, un cargo spécial, des avions pour les danseurs et le staff, et surtout une compagnie pour la protection des grandes personnalités. A cela s’ajoute une assurance qui se compte en millions de dollars pour faire venir la star. En Tunisie, c’était Tarek Ben Amar, le producteur franco-tunisien, qui était l’organisateur. Il avait obtenu toutes les garanties commerciales et sécuritaires du Palais de Carthage pour cet événement, opération réussie.

Aujourd’hui, plus de 10 ans après, l’Algérie a acquis de l’expérience ou tout simplement a appris qu’il faut juste payer le service. Ainsi, la soirée de Kamel Ouali a nécessité seulement 2 millions d’euros, soit 20 milliards de centimes pour les dizaines de danseurs qui n’ont fait que reprendre les gestes de la comédie musicale Autant en emporte le vent ou Le Roi Soleil. Aujourd’hui, nous n’avons pas les réflexes des grands organisateurs de spectacles. Hier, la chanteuse Mélissa a eu tout le mal du monde à trouver des toilettes lors de son concert à la Grande-Poste, au moment où des danseuses venues d’Afrique s’évanouissaient parce qu’elles n’avaient rien mangé depuis le café du matin.

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Amira SOLTANE

09 Juillet 2009
L'expression

Publié dans Chanson

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