CIA : sexe, drogue et espionnage à Alger

Publié le

L'ancien chef de l'agence de renseignements américaine est embourbé dans un scandale digne d'un James Bond. Andrew Warren, 41 ans, est accusé de viol par deux Algériennes. Ces femmes ont révélé à la justice les frasques sexuelles de cet Américain converti à l'islam, en poste dans le pays d'Afrique du Nord, de septembre 2007 à octobre 2008. Entre partouses, cocaïne et tournage de scène porno, l'activité de l'agent secret était digne d'un « Mille et une nuits » version X.

Du whisky et des pilules du viol

L'affaire, révélée par les médias américains, fait grand bruit à Alger. Elle a démarré il y a quelques mois lorsqu'une des plaignantes a déposé plainte à l'ambassade des Etats-Unis en Algérie. Elle accusait Andrew Warren de l'avoir contrainte à des relations sexuelles. Selon son témoignage, elle a été droguée lors d'une réception organisée par l'ambassade américaine à Alger. On lui a fait boire un whisky coca et le lendemain, elle s'est réveillée au domicile de l'agent de la CIA. Nue. Abusée. Warren a nié le viol. Il a néanmoins reconnu durant l'enquête avoir eu des relations intimes avec les deux femmes.


Depuis, dans la ville blanche, tout le monde parle de ce fait divers. Au point d'en éclipser le débat sur le troisième mandat présidentiel très contesté de Bouteflika bien qu'aucune autorité n'en ait parlé. Première interrogation : que fait la CIA à Alger ? Deuxième interrogation : que font les agents de l'agence durant leurs temps libre ?

Les Américains prennent cette affaire très au sérieux alors que le président Barack Obama veut améliorer les relations avec le monde arabe. D'autant que les enquêteurs américains qui ont perquisitionné l'appartement d'Andrew Warren ont découvert des « pilules du viol ». Ils ont aussi mis la main sur des cassettes vidéo suggérant que leur agent s'était livré à des pratiques similaires dans ses postes précédents, notamment en Egypte, en Jordanie ainsi que sur un carnet où il décrivait par le menu ses exploits sexuels. L'agent racontait comment il baisait « ses chiennes musulmanes ».


« Il ne manquait plus que cela pour abîmer encore plus l'image des Etats-Unis en Algérie »
, confie Kader, étudiant algérois :

« On savait tous que l'administration américaine travaillait avec le gouvernement algérien pour la lutte contre l'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique. Depuis 1994, plusieurs délégations représentant plusieurs services américains de renseignements dont le FBI, la CIA et la NSA ont effectué des visites secrètes en Algérie dans le cadre de la coopération antiterroriste avec les services algériens. Mais avoir un bureau à Alger qui tourne à plein régime pour mener des activités d’espionnage et des parties de sexe, ça nous surprend. »


Pour le quotidien El Watan, « il aura fallu qu'une affaire de sordides coucheries éclate à Washington pour que les Algériens découvrent que la CIA dispose d'une antenne à Alger. Les autorités algériennes ont-elles donné leur accord pour l'ouverture d'une antenne de la Centrale de notre pays ? Si tel était le cas, l'opinion publique n'en a pas été informée. » Et au quotidien algérois d'ajouter :

« Bien sûr, on pourrait toujours nous rétorquer que l'affaire qui agite aujourd'hui le landernau américain n'est qu'une question de sexe, de basses mœurs, qu'elle n'est nullement liée à une quelconque tentative d'espionnage au détriment du pays, mais encore fois, il s'agit de la CIA… Depuis quand l'agence du renseignement américaine opère-t-elle en Algérie ? »


Par Sid Ahmed Hammouche | La Liberté | 03/02/2009 | 13H51

 

Publié dans Sécurité

Commenter cet article