Prochaine création d’un prix «Nabil Belghoul»

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Nabil n’est plus. Celui qui fut l’un des photographes les plus talentueux de la génération post-1990 est décédé vendredi 22 juillet 2005, à 31 ans, d’un arrêt cardiaque.

Hier, un émouvant hommage lui a été rendu par ses amis photographes, sous l’égide du SNJ et de la FIJ, dans l’enceinte de la maison de la presse Tahar Djaout.
Louiza Ammi-Sid, Souhil B., Bilal Zouaoui, Samir Sid, Omar S. ont tous répondu à l’appel des organisateurs. Unis dans la douleur, celle d’avoir perdu un ami et confrère, les photographes ont accroché leurs photos sur les murs des locaux de presse, des photos qui retracent le parcours ardu de l’Algérie ces dix dernières années. Un parcours partagé minute par minute avec Nabil.Son père, ses frères, sa sœur, ses cousins, ses cousines étaient également là pour faire revivre son souvenir. Beaucoup de larmes et une émotion intense ont caractérisé cet instant-mémoire.
Nabil Belghoul était également présent à travers une foultitude de photos qui évoquent, à la fois, son parcours, son vécu, sa modestie, sa sensibilité. En un mot : son génie.

En un peu plus de dix années, Nabil a été sur tous les fronts. Ne se séparant jamais de son appareil photo, il immortalisait la vie, sous toutes ses coutures. L’exposition d’hier a démontré, si besoin est, combien il aimait la vie. Nabil possédait cette sensibilité émouvante qui montre les êtres tels qu’ils sont réellement, sans fard et sans masque. Nabil mérite le qualificatif de magicien. Car il a su rompre le hiatus entre nous et tous les sujets qu’il immortalisait. Son œuvre n’est pas arrachée à la vie ; elle se nourrit d’elle. Ses clichés convoquent notre mémoire, mieux, ils sont la mémoire. Nabil a abordé la réalité quotidienne avec un œil à la fois pudique et humain. Saisir la vérité de l’instant. Tout l’art de Nabil résidait dans ces quelques mots. Si ses clichés se sont bonifiés au fil des ans et des événements, il aurait pu grandir plus, professionnellement parlant. Mais il est parti tôt, trop tôt pour accomplir tous les projets qui lui tenaient à cœur, comme, par exemple, son mariage le 23 août prochain.

Hier, Nabil était là. A travers ses photos, à travers tout son matériel photographique, son gilet de reporter, ses cartes d’accréditation, ses photos et les unes de journaux (presse nationale, Paris Match, The New York Times…) qu’il a faites tout au long de sa jeune et courte carrière. Oui, il était là, en chacun de nous. Les discussions tournaient toutes autour de lui. Lui, si timide de son vivant, n’aurait sans doute pas imaginé devenir un jour le sujet de discussion de toute la corporation et pourtant… !
Ses amis se réjouiront sans doute de savoir que, «prochainement, va être institué un prix national de la photographie Algérie qui portera son nom», nous confiera Nadir Bensebaâ, délégué maghrébin de la FIJ.
Que les instants éphémères deviennent éternité, voilà ce que nous aura légué Nabil Belghoul.
Qu’il repose en paix.

Le Quotidien

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