Boycotter c’est aimer son pays, c’est avoir des ambitions pour son pays.

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FRONT DES FORCES SOCIALISTES

Contribution du 1er secrétaire national

Session ordinaire du conseil national le jeudi 12 février 2009

Chers camarades

Membres du conseil national

Amis de la presse


Le monde traverse aujourd’hui une crise globale, complexe et multidimensionnelle. Elle transformera inéluctablement les rapports sociaux, les relations internationales et les équilibres mondiaux.

Il est d’ores et déjà possible d’évaluer les réponses que les différents pays ont apporté à toutes ces mutations et aux défis posés par cette crise. Cette évaluation nous permettra de mieux comprendre les enjeux et les stratégies à adopter à l’avenir pour notre pays.


Le renforcement de la démocratie est la réponse stratégique adoptée par les pays démocratiques pour faire face à la crise, répondre aux besoins de leurs sociétés et aux nécessités du changement.

(1) L’exemple de l’élection de BARAK OBAMA, comme premier président noir des Etats-Unis d’Amérique montre bien l’audace et l’intelligence du peuple Américain et de ses élites qui n’ont ni reculé, ni tergiversé devant l’impératif d’une rupture culturelle et politique.

Pour nous, l’élection d’OBAMA est la consécration d’un long travail de ré-encadrement de la société par les nouvelles élites américaines. A travers OBAMA, le peuple américain a exprimé son adhésion aux valeurs sociales de solidarité qui étaient celles consacrées depuis plus de 50 ans par la conférence de BANDUNG.

Les intentions d’OBAMA constituent un projet d’ouverture. Il a annoncé qu’il refuse fondamentalement les logiques d’affrontements et de retour à la guerre froide. La guerre froide est une suppression de la démocratie, une exclusion des peuples, est une absence de toute éthique dans les relations internationales.

(2) Les pays de l’Amérique latine nous montrent bien qu’une transition pacifique vers la démocratie après des décennies de dictatures militaires et de régimes autoritaires est bien possible. Ces transitions se sont faites aussi, parce que l’intelligence, l’esprit de responsabilité et l’imagination étaient au pouvoir comme dans les mouvements d’oppositions. Ces expériences montrent que le changement est un projet collectif. Il n’y a de changement que collectif.

A l’opposé de ces deux exemples, nous ne pouvons qu’être frustrés par l’isolement de notre pays face à aux bouleversements actuels. Nous ne pouvons qu’être révoltés par la désunion imposée par les régimes du Maghreb aux peuples de nos différents pays. Cette région est aujourd’hui l’une des rares régions du monde qui ne soit pas unifiée et qui ne soit pas intégrée.

Alors que des politiques de coordination sont menées dans l’aire Européenne, on ne peut que constater l’absence de toute vision pour la Méditerranée.

Bien plus, certains sont tentés par une UPM fondée sur la complicité et la compromission avec les dictatures. Une union qui assure une omerta qui enterre les peuples, qui prend en otage la démocratie et qui veut établir 5 protectorats d’un nouveau genre dans le Maghreb.


Chers camarades,

Chers amis


Il serait naïf de ne pas prendre en compte ces éléments dans l’analyse de la situation de notre pays. Certains de ces éléments ont une influence directe, voire déterminante sur la vie politique du pays. Ces éléments expliquent et éclairent les propos de certains dirigeants occidentaux et notamment ceux du président français pour qui le choix dans l’équation politique Algérienne, se réduise à l’Algérie de BOUTEFLIKA ou l’Algérie des TALIBANS. Il efface et occulte délibérément toutes les luttes menées depuis des décennies, il ignore délibérément les forces politiques et sociales qui continuent de militer pour la démocratie, la paix et les droits de l’homme. C’est se dresser contre les principes fondateurs de la République qu’il préside.

Comment peut-il concilier sa position de défenseur acharné d’une limitation des mandats en France et avaliser le coup de force constitutionnel en Algérie. Cela confine au racisme politique.


Après avoir abordé les éléments du contexte international et de leurs impacts sur le pays, je reviens à l’analyse de la situation politique nationale.

Malgré la propagande officielle, la mobilisation par le pouvoir de moyens financiers, médiatiques et administratifs colossaux, les Algériennes et les Algériens n’expriment aucun intérêt pour le scrutin présidentiel prévu pour le 09 avril 2009.

Un signe qui ne trompe pas : Les brigades de sensibilisation des électeurs mises en place par le ministère de l’intérieur sont perçues comme des milices d’un nouveau genre.


Cinq décennies de mensonge ont ancré dans la population la conviction que les élections dans le système politique en place depuis l’indépendance ne font que reproduire la crise et ce système. Les Algériens savent que les élections ne sont d’aucun impact positif sur leurs vies. Les élections sont organisées pour le maintien du statu quo.

Le système a mis la violence au cœur des rapports sociaux. Le pays vit une situation de misère économique et sociale. Le pays est l’otage de la corruption politique et morale.


Chers amis

Chers camarades


L’unité du pays et sa cohésion sont menacées par le retour systématique aux régionalismes. Il y a une sorte d’appropriation violente des régions par des élites opportunistes coopératives avec le système. Ces élites sont surtout identifiées par leur participation aux privilèges. Il y a un vrai désordre civil, la société est éclatée, livrée aux clans et aux supplétifs locaux.

Cinq constitutions, quatre scrutins présidentiels et moult élections législatives et locales depuis le soulèvement populaire de 1988 n’ont pas permis une réelle ouverture politique dans le pays.


Tant que les questions de la Nation, de l’Etat, du système politique et du pouvoir n’ont pas été posés et résolus de façon démocratique, les lois, les institutions, les constitutions n’empêchent pas le primat du fait sur le droit.

S’agissant du scrutin présidentiel, les jeux sont faits. Les institutions et l’administration sont sur le pied de guerre. Tous les réseaux que ce soit les partis, les associations, les syndicats, la presse inféodés au pouvoir, les comités de soutiens, les walis, les chefs de daïras, les prébendiers et les opportunistes de tout poile sont mobilisés pour cadenasser, fermer et légaliser ce scrutin. Pendant ce temps un vrai faux suspens est entretenu sur la candidature et la ré-intronisation de BOUTEFLIKA.


Face à cette situation, le silence est une lâcheté. Se croiser les bras est suicidaire. Ne pas faire de politique est la pire des politiques.

Le peuple Algérien veut un changement, il est prêt à se réinvestir dans le politique, il est dans l’attente et la recherche d’un projet alternatif et mobilisateur. Le refus de son enrôlement dans cette mascarade est un signe fort de dissidence électorale et de rupture avec le système actuel.


Le système politique algérien nous fait vivre dans la planète des singes. Il a singé la culture, il a singé la politique. Le FFS a toujours réfléchi avec lucidité, réalisme, pragmatisme et transparence politiques. Il a toujours recherché et exprimé des positions en cohérence avec ses convictions, ses principes et les événements que vit le pays.

Aujourd’hui, le FFS considère les véritables enjeux sont :
-Le retour au politique et la réhabilitation de la politique
- Le changement du régime politique actuel pour la mise en place d’un régime démocratique.
- La mise en œuvre d’une stratégie capable de réunir les facteurs internes et externes indispensables à la concrétisation de ce changement.


Pour le FFS, il ne s’agit pas de réaliser les consensus populistes, mais de travailler dans la clarté et dans la transparence avec les véritables forces du changement. Il n’y a plus rien à attendre du régime, le changement vient de la société.

Aujourd’hui le boycott de ce scrutin est un acte révolutionnaire. Boycotter c’est aimer son pays, c’est avoir des ambitions pour son pays.


P/ Le secrétariat national
Le Premier secrétaire
Karim Tabbou

 

 

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boubaghla 17/02/2009 16:19

je ne comprends plus rien