Journée d’Etude : « Moi, Migrant »

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Je me cantonne à situer mon intervention « Moi, Migrant » dans le cadre purement       européen en s’appuyant sur tous les référents. Toutefois, quelques référents se trouvent en dehors, ceci pour montrer la complexité du phénomène.

 

Tous les faits sociaux, les évènements ne sont pas particuliers à un pays, vu le croisement des peuples, l’interpénétration des langues, des cultures et du haut degré de communicabilité (le Net, le téléphone, les Chaînes de TV, les satellites, l’enseignement et les divers médias). Aujourd’hui personne ne pourrait se targuer de dire que le conflit israélo-palestinien n’est pas son problème ? Que le Tibet de Dalai Lama, je ne comprends que dalle ? Que Ben Laden le rejeton du khalifat saoudien ça ne regarde que les Américains ? La préparation à la Deuxième Guerre « Mondiale » du Golfe n’est pas de mon ressort ett en l’occurrence la dictature militaro-islamiste de Bouteflika tuant des Massinissa à tire-larigot.

 

Emigration forcée

 

Au XXe siècle les migrations concernent les transferts des populations sous les contraintes des régimes totalitaires, expansionnistes. Les Guerres balkaniques 1911-1912 poussèrent les Bulgares, turcs, grecs à prendre la route. La montée du fascisme poussa les Polonais à leur transfert en Allemagne et en Russie du nord. Entre 1939-1942 plus de 30 millions d’Européens ont perdu leurs foyers. La guerre de Corée a provoqué l’exode de 9 millions de personnes. La décomposition des anciens empires coloniaux se traduit par d’importants mouvements de populations : 6 millions de japonais quittent la Chine, la Mandchourie, Taiwan, et l’URSS.

 

Emigrations contemporaines

 

Entre 1800 et 1930 pour des raisons économiques, de survie, plus 50 millions d’européens sont partis pour les « Nouveaux Mondes ». A l’instar des irlandais atteints de la maladie de la pomme de terre (principale source d’alimentation) dont 1 million de personnes sont mortes et 1 million ont émigrés. Ou de la France qui ne voulait pas rembourser son blé à l’Algérie s’embarqua pour conquérir ses terres riches en céréales. Les Etats Unis et le Canada ont reçu des immigrants britanniques, scandinaves, russes, allemands, italiens… L’Australie, la Nouvelle Zélande et l’Afrique ont accueilli plus de 17 millions de britanniques. L’Amérique du sud a attiré 2 millions d’espagnols en Argentine et 600 000 au Brésil. Ainsi que plus de 11 millions d’italiens sont partis aux Etats Unis et en Argentine.

 

Besoin en main-d’œuvre
 
Jusqu’en 1880, la Grande Bretagne est un des premiers pays demandeur de main-d’œuvre étrangère. La France le sera aussi à la même période. La Suisse restera terre d’immigration allemande et italienne. A partir de 1952, le développement industriel européen, l’insuffisance démographique font appel à la main-d’œuvre étrangère : africaine, turque, jamaïcaine, indienne, pakistanaise… Des migrations internes de main-d’œuvre ont eu lieu également entre régions d’un même pays d’économie différente. En Allemagne, entre 1840 et 1925, plus de 2,5 millions de personnes ont quitté leurs terres agricoles (La Poméranie, la plaine du Nord ou la Prusse) pour s’installer dans la province de Rhénane (La Ruhr), riche en mines de fer ou vers le Brandebourg et Berlin. Nonobstant, les immigrés restent souvent marginalisés, tandis que ceux qui regagnent leur pays sont déstabilisés. On estime en 1990 prés de 40 millions de personnes vivant officiellement dans un pays dont elles n’ont pas la nationalité. Et c’est en oubliant ce vecteur de population, de mémoire, de culture, que chaque peuple se forge un mythe immémorial d’une culture qui vient de terroir alors que vraisemblablement nous sommes tous une espèce de mosaïque. Ne pas tenir compte de ça on devient xénophobe, peur de l’autre « l’étranger ». Et c’est de ça que se nourrissent les partis d’extrême droite).
 
Droit d'asile

 

Des textes constitutionnels : constitution de 1946, 1958 et la du 25 novembre 1993 consacrent le droit d'asile. Il est consacré aussi par la Convention de Genève de 1951.

-Mobilisation de partenaires : association de défense du droit d'asile et d'accompagnement des demandeurs d'asile et des réfugiés.

-Association pour le droit d'asile regroupant en son sein : SSAE (lieu de réflexion et d'alerte), le RCR, la commission de recours.

-Le collectif inter associations réunissant plusieurs associations caritatives : Secours Catholiques, l'Entraide protestante, Secours populaire, la Croix-Rouge française... Le collectif peut assurer la domiciliation postale du D A.

-Médecins du monde.

 

    L'expulsion des étrangers

 

L'article VII de la Déclaration des DDR et du citoyen de 1789 : Nul homme ne peut être accusé, ni détenu que dans les cas déterminés par la loi, et selon les formes qu'elle a prescrites.

Préambule de la constitution du 27/10/46 : Tout homme persécuté, en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République. L'article 3 et 4 du Protocole no 4 du Conseil de l'Europe et la protection des DR, 1999 interdit l'expulsion collective d'étrangers. Des garanties procédurales sont également reconnues aux étrangers menacés d'être expulsés d'un pays (article 1 du Protocole no 7)

La loi du 24 août 1993 fixe les mesures d'éloignement de l'étranger expulsé ou reconduit à la frontière: soit à «destination du pays dont il a la nationalité », sauf s'il bénéficie du statut de «réfugié» reconnu par l'OFPRA ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile; soit encore « à destination du pays qui lui a délivré un document de voyage en cours de validité », soit « à destination d'un autre pays dans lequel il est légalement admissible ».

 

    Nacer Boudjou

    Conférence au Palais abbatial de Saint Hubert

Belgique, 23 mars 2002

 

 

 

 

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