LOUISE MICHEL, LA LOUVE

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LOUISE MICHEL, CETTE LOUVE QUI A PRETE MAIN FORTE AUX COMMUNARDS, AUX  KANAKS ET AUX BERBERES


Si Serge De Carli, maire-conseiller géneral de Mont-Saint-Martin, inaugure aujourd’hui « 8 Mars 2007 », le monument dédié à LOUISE MICHEL (
1830-1905), institutrice et héroïne de la Commune de Paris, c’est pour rendre justice aux femmes sans droits, battues, séquestrées. C’est pour se souvenir des luttes entreprises par ces peuples opprimés, colonisés, réduits à des ombres fuyantes, à des identités sans nom et sans adresse.

 

A travers ce personnage historique, statufié, c’est les pans d’histoire qui sont rendus aux citoyennes françaises, d’origines géographiques et culturelles diverses. Pour que cette mère patrie qu’est la France, se réconcilie avec ses propres valeurs, sa mémoire outre-mer, qui l’éclairent aux bouts de toutes ses frontières et des pays amis de par le monde.


Cette sculpture en bronze « LOUISE MICHEL », conçue par
Bettina Scholl-Sabbatini, artiste luxembourgeoise, initiée par Christiane Olivier, artiste-intervenante, baptisée « ALIZE» du nom du vent qui a aidé les marins à naviguer au-delà des mers océanes pour découvrir d’autres contrées, allégorise l’optimisme, la liberté, l’hymne à la femme, hissés sur le piédestal de l’histoire humaine.

A Mont Saint Martin où elle est érigée, LOUISE MICHEL s’envolera sous la poussée des  vents Lorrains, pour chanter aux cœurs meurtris : la Paix, la Tolérance, la Solidarité, le Partage et  l’acceptation de l’autre.

Insurrection de 1871


Si 1871 évoque la Commune de Paris, c’est aussi l’année de la première Grande Insurrection dans l’Algérie coloniale
. La dernière campagne militaire de 1854 a achevé de « pacifier » la Kabylie dans un bain de sang, selon la méthode du général Bugeaud de sinistre mémoire (« J’entrerai dans vos montagnes ; je brûlerai vos villages et vos moissons ; je couperai vos arbres fruitiers et alors ne vous en prenez qu’à vous-mêmes »).


En 1868, le pouvoir passe de l’administration militaire à l’administration coloniale, le décret Crémieux fait accéder les Juifs algériens à la citoyenneté française. Les Arabes et les Berbères, qui cohabitaient depuis des siècles avec les Israélites sont maintenus dans le statut subalterne d’indigènes.
Les pratiques hostiles des Bureaux arabes, les famines successives et l’accaparement des terres exacerbent le mécontentement des paysans.


L’insurrection qui éclate en janvier 1871, va unifier plus de 200 000 combattants menés par les chefs charismatiques Mokrani, Hadad. Ils vont affronter 90 000 soldats de l’armée coloniale française, dont l’artillerie constitue une force de frappe redoutable. Cette guerre s’achève le 17 janvier 1872 par une répression féroce. Les colons s’approprient de toutes les terres des insurgées, lesquels sont tués avec leurs familles ou capturés. Ils connaîtront  le bannissement des communards parisiens avec qui ils fraternisent dans les bagnes de Toulon ou de l’île de Ré, avant d’être déportés dans des bateaux-cages jusqu’en Nouvelle-Calédonie. Pour la première fois sans doute, les généreux parisiens prennent conscience du sort des colonisés. Sitôt amnistiés et rapatriés en 1881, des communards tels qu’Henri Rochefort, Olivier Pain ou Louise Michel, vont réclamer l’amnistie des insurgés et dénoncent la politique coloniale.


En Nouvelle Calédonie


Une centaine « d’Arabes », comme les appellent les communards peu enclins aux distinctions ethnologiques, débarquent pieds et mains liés, dans les colonies pénitentiaires de l’île de Nou et de l’île des Pins, pour « expier leur faute », en oeuvrant à défricher les terres de la Nouvelle-Calédonie. Mais alors que les exilés forcés, les Communards et les Berbères s’installent peu à peu et s’efforcent de survivre, en juin 1878 le vent  de la révolte revient souffler à leurs oreilles. Sous la férule du chef Ataï, les Kanaks se révoltent. En butte au racisme de l’administration coloniale, aux méfaits de l’élevage extensif, à la sécheresse et à l’expulsion de leurs terres. Louise Michel prend parti pour les insurgés, dont elle a étudié leur culture et leur langue. D’ailleurs cette communarde a tenu une riche correspondance avec Victor Hugo, étayée de poèmes de révolte, en l’informant de toutes les exactions exercées en Nouvelle Calédonie par l’autorité coloniale sur la population autochtone et exilée.


Sur les Côtes des Chiapas


Une fois l’ordre rétabli, le délicat gouverneur Olry va envoyer les têtes coupées des chefs rebelles Ataï et Naïna à Paris pour l’Exposition universelle, vitrine de la civilisation française coloniale à travers le monde. Les vaincus sont vendus comme esclaves à des négriers. Un demi millier de Kanaks, de Berbères sont ainsi transportés en 1880 sur les côtes du Chiapas pour connaître le servage des peones Tzotziles
(ouvriers agricoles), mais une épidémie de vérole a raison de leurs dernières forces.


Des montagnes du Djurjura et des Babords, aux barricades de Paname, des îles mélanésiennes aux montagnes du sud-est mexicain, l’esprit de résistance et de bienveillance a traversé les mers, sans jamais capituler.


Condensé de Nacer BOUDJOU, 2007

 

 

 


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