Massinissa, Aguellid des Imazighen (Berbères)

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Massinissa, Aguellid des Imazighen (Berbères) Massinissa était le fils du roi Gaïa dont son royaume massyle avait commencé à atteindre un haut degré de civilisation, mais Syphax qu’Hasdrubal a marié à sa fille Sophonisbe, le roi des Massaessyles, n'avait pas cessé de le harceler, en s'emparant à chaque fois qu'il le pouvait de ses villes.

Rome soutenant Syphax, Gaïa s'était allié aux Carthaginois leur fournissant, en échange de leur protection des troupes que le jeune Massinissa commanda en Espagne, avec de fréquents voyages en Afrique. La guerre ne tarda pas à tourner en faveur des Romains. Les Carthaginois battus, perdirent leurs possessions en Méditerranée. Le général Scipion qui commandait l'armée romaine en Espagne, songeait à porter la guerre en Afrique, mais il voulait, auparavant s'assurer du soutien des royaumes numides. Il avait déjà gagné l'amitié de Massinissa, avec lequel il avait passé accord secret, puis il se rendit en Afrique pour tenter de convaincre Syphax de joindre à l'alliance. Mais le roi massaessyle, ayant eu vent de l'accord avec Massinissa, s'était déjà rapproché de Carthage.

Succession de Gaïa et guerre contre Syphax

 Gaïa mourut cette année là, la royauté passa au mâle le plus âgé de la famille, son frère Oezalcès, selon la règle de succession des royaumes amazighs, Celui-ci ne tarda pas à mourir à son tour. Un de ses fils, Capusa, lui succéda un homme sans envergure qui vit aussitôt se dresser contre lui un certain Mazetul qui devait appartenir à une branche rivale de la famille. Capusa fut tué au cours d'un combat mais il ne prit pas le titre de roi. Il le conféra au frère de Capusa, Lacumazès, qui était un enfant. Or le trône devait revenir cette fois-ci à Massinissa, devenu l'aîné des enfants de la famille. Le jeune homme, se sentant lésé, quitta l'Espagne, avec une troupe de cavaliers, décidé à faire valoir ses droits. Lucamazès appela Syphax à son secours. Le puissant roi massaessyle chassa Massinissa et annexa le royaume massyle. Massinissa, réfugié dans les montagnes, avec une poignée de fidèles, connut une vie de proscrit. Il ne continua pas moins à harceler ses ennemis, les hommes de Syphax qui ne réussirent pas à venir à bout.

Alliance avec Scipion

Son heure arriva quand Scipion, décidé à en finir, avec Carthage, débarqua en Afrique. Le rusé Romain essaya une nouvelle foi, d'attirer Syphax jetant de nouveau l'alliance proposée, il se tourna de nouveau vers Massinissa. Les premiers combats tournèrent en faveur des deux alliés. Ces derniers, encouragés par leurs succès, s'attaquèrent à Utique, place forte carthaginoise, mais l'intervention de Syphax, les obligea à se retirer. Les Carthaginois, comprenant que les Romains ne leur laisseraient pas de répit, décidèrent, après avoir adopté une attitude défensive, de passer à l'offensive. Ils levèrent une forte armée qui, rejointe par Syphax, donna l'assaut. Ce fut la bataille des Grandes Plaines, qui s'acheva par la victoire des forces coalisées de Massinissa et de Scipion. Il y eut un répit au cours duquel chaque camp reconstitua ses troupes, puis la guerre reprit. Un combat s'engagea entre Massinissa et Syphax, et ce dernier, entouré par de nombreux soldats, était sur le point de l'emporter, quand l'armée romaine intervint. Jeté à terre, Syphax fut arrêté. On l'enchaîna et on le conduisit sous les murs de Cirta qui, voyant son roi en piteux état, décida de se rendre. Massinissa, après plusieurs années d'errance, put ainsi reprendre le royaume de ses pères. Carthage, vaincue, fut obligée de signer une paix qui la priva d'une grande partie de ses territoires et de sa flotte.

Guerre contre Hannibal

 Le retour de Hannibal, qui avait mis fin à la campagne d'Italie. Hannibal s'allia à Vermina, le fils et successeur de Syphax et ensemble, ils envahirent le royaume des Massyles. Massinissa et Scipion les rejoignirent à Zama. Une grande bataille s'engagea. Le choc fut rude, la bataille tourna à l'avantage de Massinissa et de Scipion. Carthage fut de nouveau contrainte à négocier. Mais le précédent traité fut révisé et la cité punique dut restituer à Massinissa tous les territoires qui avaient été arrachés à ses ancêtres. Hannibal se révolta et essaya de s'opposer au traité mais menacé d'être livré aux Romains, s'enfuit en Syrie où il se suicida en 143 avant J.C.

Personnalité de Massinissa

 Il pouvait rester une journée entière à cheval et, comme le dernier de ses soldats, supporter toutes les privations. Il avait quatre vingt huit ans quand il commanda une bataille contre les Carthaginois. Le lendemain, Scipion Emilien le trouva debout, devant sa tente, mangeant un morceau de galette, qui formait son repas. Mais il savait aussi se comporter en souverain raffiné, portant de riches vêtements et une couronne sur la tête, donnant, dans son palais de Cirta, des banquets où les tables étaient chargées de vaisselle d'or et d'argent et où se produisaient les musiciens venus de Grèce. Il eut plusieurs épouses et un nombre considérable d’enfants dont quarante trois mâles. La plupart disparurent avant lui mais il en resta, à sa mort, une dizaine. Il aimait les enfants et il gardait autour de lui ses petits-enfants. Un marchand grec, étant venu acheter des singes en Numidie, pour distraire les riches, il dit "Les femmes de votre pays, ne vous donnent-elles pas des enfants ?" Massinissa fut célèbre dans tous les pays de la Méditerranée et l'île de Délos, en Grèce, lui éleva trois statues. Vers la fin de sa vie, il voulut s'emparer de Carthage pour en faire sa capitale. Les Romains qui redoutaient qu'il n'acquière une puissance encore plus grande que celle des Carthaginois et qu'il ne se retourne contre eux, s'opposèrent à ce projet.

Destruction de Carthage

Caton, attirant l'attention sur le danger que représentait Massinissa, lança sa célèbre formule : "Il faut détruire Carthage ! « Ce fut de nouveau la guerre en Afrique et, après d'âpres combats, Carthage fut livrée aux flammes, puis au pillage. Les survivants furent réduits en esclavage et la ville fut entièrement rasée. Massinissa, mort quelques temps plus tôt, n'avait pas assisté à la chute de la ville convoitée. Ses sujets, qui l'aimaient, lui dressèrent un mausolée, non loin de Cirta, sa capitale, et un temple à Thougga, l'actuelle Dougga, en Tunisie. A sa mort, son royaume fut partagé entre ses trois fils : Micipsa père de Hiempsal et d'Adherbal, Manastebal père de Jugurtha et de Gauda, et Gulussa père de Hiempsal II dont la descendance assurera la lignée des derniers rois numides

Œuvre de Massinissa

C’est à la fin de la deuxième guerre punique que Massinissa fut rétabli dans le royaume de ses pères. Le titre de roi de la Numidie dont il fut solennellement investi le mit en mesure de récupérer des territoires ses villes annexées à l’instar de l’opulente Leptis Magna et le territoire de Hippo-Regius, ainsi que la région qui s’étend sur la Medjerda. Lors de son couronnement, Massinissa avait 36 ans. Il est né dans la ville de Dougga, au nord de l'actuelle Tunisie, en 238 av J.C au sein d'une famille massylienne numide. Il régna pendant 54 ans jusqu’à sa mort en 148 avant J.C. Pendant son long règne, il entreprit :
          • La construction d’un état unifié et monarchique. D’abord il s’attacha à sédentariser les populations et transforma les pasteurs nomades en agriculteurs. Il favorisa l’urbanisation de la Numidie, poussant les cultivateurs à former de gros bourgs, auxquels il donna une organisation semblable à celle des villes puniques. Massinissa qui regardait avec intérêt l’Orient Grec, avait accepté la forme de civilisation hellénisée pour les Numides. Il voulait éduquer son peuple selon les méthodes hellénistiques. La langue punique fut aussi courante dans sa capitale où on parlait également, en plus de Tamazight, les langues grecque et latine.
        • Le projet politique le plus cher à Massinissa fut "L’unification de tous les royaumes numides", devenant ainsi l’Aguellid incontesté de son immense royaume. Massinissa fut probablement, le premier à introduire auprès des paysans le culte hellénistique de Déméter (déesse de l'agriculture et des moissons. Les Romains l'associèrent à Cérès) et de Coré. Pour mieux assurer sa puissance ; il voulut diviniser la monarchie et établir le culte de la divinité royale. Après sa mort, un temple lui fut érigé à Dougga.
         • Au plan militaire, son pouvoir, aussi, fut considérable : il entretint une puissante armée et une flotte importante.
         • Sur le plan économique, la Numidie occupa, pendant son règne, une place prépondérante dans l’économie mondiale de l’époque. Sa gestion fit de son pays un Etat très prospère qui commerçait avec la Grèce et Rome.
        • Cirta en fut la capitale. Dans son oeuvre d’unification, il récupéra les terres de ses ancêtres. Monographies Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, à notre connaissance, il n'y a eu que deux tentatives pour réaliser une monographie sur Massinissa :

        -Celle du regretté Gabriel Camps, parue en 1961, qui rassemblait à son heure les bribes éparses d'une documentation déjà peu prolixe.
         -Celle de Taddeusz Kotula, Massynissa, Varsovie, 1976, en polonais, et malheureusement non traduite dans l'une des quatre langues de l'érudition.
          -Celle de Elfreide Storm. Massinissa. Numidien im Aufbruch. - Stuttgart : Steiner, 2001. - 222 p. : bibliogr. - (Schriften der Wissenschaftlichen Gesellschaft an der Johannn Wolfgang Goethe-Universitât Frankfurt am Main : Geisteswissenschaftliche Reihe, ISSN : 0512.1507 ; Nr. 10).
        - ISBN : 3.515.07829. en allemand. Conférence donnée à Haucourt Saint Charles Par Nacer Boudjou le 2 avril 2005 Dans le cadre du 2e Festival du Film Berbère

Conférence donnée à Haucourt Saint Charles

Par Nacer Boudjou le 2 avril 2005

Dans le cadre du 2e Festival du Film Berbère


                                                              
                                                               

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aladin 15/12/2016 11:47

bonjour,
ne mélangé pas kabyle et massinissa caril était chaoui.
lisez ça plutot https://www.mangadraft.com/manga/256-le-prince-massinissa