Aux origines des Noirs en Kabylie

Publié le

J’ai un souvenir indélébile, étant enfant âgé environ de 5 ans, Ramdane Ou Moussa, un petit bonhomme noir travaillait dans notre moulin. Il était un homme appliqué, intégré parfaitement dans notre famille et dans le village. Il parlait et se disait kabyle à part entière. Pour moi c’était un mystère, je ne connaissais rien sur son histoire, ses origines, son parcours, car il était le seul noir. Plus tard, j’ai appris que sa famille tient un café à El Kseur. Ensuite, un voisin, commerçant ambulant, originaire de la Haute Kabylie compléta ma curiosité, il employait un noir qui l’accompagnait partout. De fil en aiguille, au village à Larbâa N Ath Iratan (Fort National) en Kabylie où fut enterré Smaïl Yafsah, journaliste à la TV algérienne, j’ai constaté plusieurs femmes habillées de robes kabyles sortant de leurs maisons qui jouxtent le cimetière. Aujourd’hui mon énigme sur l’origine des noirs (africains) en Kabylie est levée par cet article de Mouloud Gaid que je vous propose :

Les noirs en Kabylie furent introduits par les Turcs en les admettant comme auxiliaires auprès de leurs garnisons de janissaires en Kabylie.

 

Le Caïd turc de la Basse Kabylie, Ali Khodja, pour parer aux attaques incessantes de Si Ahmed Ben Ali Ben Khettouch, fit renforcer le Bordj de Tazarart et y installa une colonie de nègres en 1720, appelés Abib-ou-Chemlal ramenés du Sud.

Le Caïd Mohamed Ben AIi connu sous le nom de Mohamed Debbah fit venir 400 noirs du Sud qu’il établi à Tala N’Zouia (Boghni) en 1746. Dotés de chevaux et d’armes, ils participèrent aux collectes d’impôts et aux opérations militaires. Le Dey Ibrahim Pacha autorisa ses Caïds à attribuer des terres domaniales à ces nouvelles recrues. Ceux-ci s’y établirent avec leurs familles créant ainsi des mouls Abid. Dans le Sébaou, on les installa au sein de la tribu des Ait Amraoua, entre le confluent de l’Oued Aïssi, et l’oued Amraoua, au pied du Djebel Baloua. Cette colonie se divisa bientôt en trois fractions : Tazmalt n’Bou Khoudmi, Tazmalt n’Kaâ-ou-Meraï, Tazmalt n’Taba Othman.

 

Dans la région d’Akbou, la colonie noire fut installée près du passage de Chabet-EI-Ahmeur. Les colonies noires prospérèrent tant que les Turcs y demeurèrent puissants. Certains de leurs chefs épousèrent des femmes kabyles d’origine très modeste recherchant protection et sécurité pour elles-mêmes et pour leurs proches souvent étrangers à la tribu locale. A la longue ; il se constitua une catégorie de population fort métissée qui s’intégra progressivement à la population autochtone.

La chute des Turcs obligea la grande majorité d’entre eux à chercher refuge et protection ailleurs. Ils émigrèrent ou se dispersèrent dans la région pour offrir leurs services aux puissantes familles locales. Ceux de la grande Kabylie, furent admis chez Belkacem ou Kaci de Temda el Belat, Mohand ou el Hadj de Taguemount ou Aamrouche.

Ceux d’Akbou furent engagés par Ourabah qui les cantonna à Ighil Alouan dans les Ait Tamzalt ; par Mohand-Ou Châbane qui les établit à Tighilt-Amérian dans les Fenaïa ; par Mohand-Ou Chalal qui les installa à El Flaye dans les Béni-Oughlis ; par Ben Ali Chérif qui les mit au service de sa zaouia de Chellata. On leur donna des noms rappelant leurs origines : Ould Abid ; Aberkane ; Berkane ; Lekehal ; Akli.

Mouloud GAID - Extrait de "HISTOIRE DE BEJAIA ET DE SA REGION" depuis l’antiquité jusqu’à 1954 - Edition MIMOUNI 1976

 

Nacer Boudjou

 

Publié dans Histoire

Commenter cet article

aghilas-kosseila 16/09/2017 16:31

azul fellawen,Ceux de freha (ait-ourtirane setif on dit ramené du HIDJAZ PAR CERTAINS PELERINS POUR LES LIBERES et a oulmou -aouklane pays ait-guechtoul n'ait-yaala ,une famille noire aete installé par BEN ALI CHERIF ,parait-il cette famille noire ramnenés de MILIANE ,quant aux villages negres crées a coté des ville FRAN9AISE sont ramenés de BOUNOU ANCIEN SOUDAN .... AGIM TANEMIRT POUR CES INFORMATIONS. timsunin tanemirt ar timlilit.