« PAROLE RETROUVEE » ou la mémoire de l’immigration nord africaine

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« Parole retrouvée » film documentaire réalisé par Nacer Boudjou, produit par la CFBBL, délie les langues et met fin au mutisme des ouvriers nord africains, à l’instar de ces berbères.


Salué par la critique, relayé par pas moins d’une vingtaine de médias : RIV54, FR3, France info, Républicain Lorrain… référencé dans AFROMIX. ORG, Algeria Vidéos, et dans une myriade de sites Internet, le film Documentaire « PAROLE RETROUVEE » (AWAL I D-TTUFAN), réalisé par Nacer Boudjou, écrivain public et correspondant local à Mont Saint Martin, produit par la Coordination des Franco Berbères du Bassin de Longwy, présidée par Dinar Sadoune-Harik, exhume la réalité d’une autre composante ouvrière, une pièce manquant du puzzle de l’histoire sidérurgiste longovicienne. Cette partie des ouvriers qui a prêté ses bras au labeur édifiant l’économie de la France, en l’occurrence ces berbères venus d’Afrique du nord, durant les 30 glorieuses.

A l’avant-première de ce film à UTOPOLIS-Longwy, pas moins de 180 personnes se trouvaient dans la salle. Tout le gotha de la grande agglomération de Longwy était au rendez-vous : les élus municipaux, régionaux, généraux, les personnalités culturelles, les présidents des associations, des ONG, les membres de ATTAC, les enseignants de l’IUT, les chefs d’entreprises, et bien entendu les personnes interviewées dans le film, ainsi que leurs familles.

Déterrer cette mémoire en hibernation

Il s’agit dans le documentaire de déterrer et remonter à la surface de l’actualité hurlante cette mémoire des ouvriers et de leurs familles. Cette mémoire collective enfoncée sous des couches sédimentaires d’un temps en hibernation. Une mémoire délictueuse aux yeux des censeurs qui officient une histoire non rugueuse, sélective. Une mémoire qui fait que la vie du nord africain, du berbère dans les usines, les mines en Lorraine est banalisée par le patronat, la bourgeoisie exploitante. Leur vie considérée comme synonyme d’analphabétisme, d’illettrisme, d’ignorance… que sait-on encore ? est gommée de l’histoire nationale. Le cinéma en vogue, s’intéressant aux mélodrames, aux séries télévisuelles à l’eau de rose, n’a que faire d’un documentaire sur les conditions des ouvriers immigrés. « C’est du délire ! » dit-on en sourdine.

Témoigner humblement de sa vie d’ouvrier

Ceci étant, les personnes, les familles approchées ont témoigné humblement de leur vie. La mémoire de leurs proches décédés est prise en charge par leur veuve. Fières de leurs maris, elles ont témoigné à leur place avec émotion et justesse, telles Mesdames Adjila Moukah, Fazia Bouchama, Drissia Rezzoug. Il y a eu beaucoup d’émotion et de nerfs tendus. Les séquences vives, authentiques ont secoué l’assistance jusqu’aux larmes. Le réalisateur assis à la dernière loge prés de l’opérateur de projection a surveillé le déroulement du film : résolution de l’image, sa mobilité, la balance son jusqu’à la fin où de fortes ovations ont retenties dans la salle. Certains ne décollaient pas de leur siège, ils sont restés sur leur faim.

En somme, un zoom pointé sur ces petits gens, grands dans leur labeur pour l’essor du progrès social, économique et culturel qui n’ont pas de pays de rechange, autre que la France. Pour elle, ils l’ont arrosé de leur sueur, et donner leurs jeunes années. Aujourd’hui, leurs enfants ont pris le flambeau de la mémoire pour la transmettre à la postérité. Pour conclure, le film documentaire est un « Art Témoin » de notre passé et notre présent. Il joue un rôle indispensable de la transmission de la mémoire.

Nacer Boudjou

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