Serge Portelli : « Des valeurs démocratiques en danger »

Publié le par BOUDJOU



Pour le
60e anniversaire de la charte des droits de l’homme, la
LDH de Longwy a invité Serge Portelli, juriste vice-président au tribunal de Paris,  pour une conférence-débat, en la salle Jacques Callot à Mont St Martin


A l’initiative de la LDH de Longwy, avec le Syndicat de la Magistrature et la Municipalité de Mont St Martin, Serge Portelli, a animé une remarquable conférence-débat en la Salle Jacques Callot. Dans son réquisitoire sans détour, il a fustigé le système juridico-politique établi par les tenants du pouvoir. Il n’a manqué ni d’intelligence et d’arguments, pour persuader l’assistance composée d’élus, de juristes de militants associatifs et d’un large public, d’une possible dérive totalitariste.

 

Engagement par la plume

 

L’invité de la LDH multiplie ses apparitions médiatiques : plateaux de TV, radios, blogs, articles de presse, livres … pour exprimer ses idées sur l’actualité en ébullition depuis que « le projet de la société est retracé par le gouvernement. » Il a senti que le danger est grand, et il a décidé de prendre la plume. Et de continuer « J’ai commencé à écrire des livres très techniques, vu la difficulté de se faire éditer, j’utilise le Net. Aujourd’hui, forcé, je sens que je suis destiné à prendre le drapeau. » Dans sa longue plaidoirie qui a tenu l’auditoire en haleine, il n’a pas manqué de démanteler loi par loi le système validé par le mutisme des uns, en notant qu’il n’a pas « une seconde à hésiter, il faut se battre chaque jour. Etant juge, dans mes audiences de tous les jours je constate des lois injustes, de moins en moins de démocratie. Cela risque de dénaturer l’institution judiciaire, je ne pourrai pas être juge, si on continue de voter ce genre de lois. »

 

Concernant les libertés

 

M. Portelli a longuement disserté sur l’état actuel des libertés démocratiques : « C’est évident que les libertés sont menacées. L’exemple le plus frappant, c’est qu’on introduit des chiens dans les écoles pour chercher la drogue. On arrête le Journaliste Vittorio de Filippis, comme un dangereux malfrat, on veut emprisonner des mineurs dés l’âge de 12 ans. On constate de plus en plus de suicides en prison, les gardes à vue se multiplient, des centres de rétention indignes, infâmes… On peut multiplier des exemples. » Selon l’orateur tout est lié à la conception de l’homme déterminant génétiquement l’être humain, inaugurée par les opérateurs politiques. Ils disent que les lois ne sont pas faites par hasard, c’est les gènes qui génèrent des pédophiles, des homosexuels, des suicidaires… L’avenir est ainsi tracé. « C’est une conception de l’enfance aberrante. La délinquance fait peur, on répond par la glorification de l’emprisonnement. On a peur des enfants qu’on préfère designer par ‘’mineurs’’, peur de l’étranger,… On veut tout contrôler, du début et à la fin de notre vie. Des germes de totalitarisme pourraient se développer. »

 
Démocratie en danger

 

Dans son allocution, l’ex conseiller auprès du président de l’Assemblée nationale a relevé qu’il y a atteinte aux valeurs démocratiques, « Je suis pessimiste quant à l’avenir, toutefois, il y a lueur d’espoir quand on considère que des réactions se font ça et là et finissent par être fortes. Elles font reculer le pouvoir, des succès sont notables : disparition du fichier des RG sur les enfants à partir de 13 ans… On ne crie pas dans le désert, on a de la chance de se faire entendre. Il s’en est suivi d’un riche débat, où Serge Portelli, doyen des juges d'instruction au tribunal de Créteil, a détaillé certaines lois et donner des précisions sur les aspects de la pratique politique.


Nacer Boudjou 

Publié dans Politique

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