100 policiers contre 10 sandwichs

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  "Nous n’observons pas le jeûne, mais nous avons le droit d’exister ."

 

 

 

 

 

Il est temps de s'affermir en tant que tel publiquement. L'espace public n'appartient-il pas à tous les citoyens, à chacun sa différence et sa personnalité? A chacun sa conception de la vie philosophique, spirituelle, politico-culturelle. N'a-t-il pas le doit d'évoluer librement et de s'approprier  son espace vital? Par exemple à continuer à vivre, à aller dans les cafés, les restaurants, à fumer... comme les jours où il n'y a pas de ramadan, d'abstinence religieuse.  Pourquoi se cacher pour vivre son quotidien, pacque les Musulmans aidés par la loi islamique jettent l'anathème sur les autres et taxent les non-jeûneurs de mécréants? Une loi arbitraire inhumaine qui s'impose, relayée par une armada des gardiens islamiques du peuple (policiers) fait ses exercices pour mater les récalcitrants. A-t-on le droit de nous taire à tous les coups?

 

 

 

 

 

Sur toile du fond pour illustrer ces propos interrogatifs, nous avons des faits qui se sont produits pour que les non-jeûneurs aient le droit de citer.  Malmenés, des citoyens de libre pensée, tolérants, de par le monde se solidarisent pour que leurs droits et leurs luttes soient reconnus.

 

 

 

 

 

Maroc

 

 

 

 

 

Pour rappel, déjà au Maroc, des non-jeûneurs de ramadan se sont donnés rendez-vous en 2009, devant la gare El Mohammadia, pour une manifestation inédite. Ils sont soutenus par le groupe MALI (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles). Son mot d’ordre : Protester contre l’ingérence dans la vie privée et pour la liberté de ne pas jeûner pendant le ramadan. Les manifestants munis de leurs sandwichs expliquent qu'un Marocain n’est pas forcément musulman. Une centaine de policiers et de militaires (100 policiers contre 10 sandwichs titre El Mundo) les a accueillis à coup de matraque. «Notre objectif était de dire que nous sommes marocains, nous n’observons pas le jeûne, mais nous avons le droit d’exister. Chaque année il y a des arrestations et des lynchages publics de non-jeûneurs alors que la Constitution marocaine garantit la liberté de culte » explique un manifestant  au quotidien El Mundo. D'ailleurs une aberration: L’article 222 du Code pénal marocain stipule que tout individu connu pour son appartenance à l’Islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le ramadan est passible de un à six mois d’emprisonnement et d’une amende.

 

 

 

 

 

Algérie

 

 

 

 

 

A Aïn El Hammam (Tizi Ouzou), en Algérie, cette année 2010, après l’arrestation de deux non-jeûneurs un élan de solidarité internationale se fait connaitre. L’appel à la solidarité des deux non-jeûneurs, dit-on de confession chrétienne, Hocine  Hocini (47 ans) et Salem Fellak (34 ans), exerçant la fonction d'ouvriers de bâtiment, arrêtés par des policiers, alors qu'ils étaient en train d'étancher leur soif a traversé les frontières et devient cause commune

 

 

Le 13 août passé, est lancé sur le Net par Acor SOS Racisme (Suisse), suivi d’une adhésion pesante à cette demande de moult associations, surtout Europe solidaire (France), Parti ouvrier populaire (POP-Suisse), Les Jeunes Verts (Genève), Mouvement Alternatif pour les libertés individuelles (Maroc) et une pléthore d'organisations sociales et humanitaires. Une mobilisation internationale s’en est suivie.

 

 

 

 

 

Puis au tour de la commune d'Ouzellaguène à Bgayet (Béjaïa), en Algérie, mardi dernier, dix personnes ont été arrêtées par la police dans un restaurant, servant à porte fermée. Le propriétaire est placé sous mandat de dépôt, tandis que les neuf autres non-jeûneurs seront appelés à comparaître devant la justice. Pour les citoyens, les avis sont partagés, mais toujours dans le sens de la tolérance et du pardon. L’on se demanderait donc pourquoi tout ce radicalisme qui se réveille spontanément, encouragé, de surcroît par une justice, censée être équitable, juste comme son nom l’indique.  C’est indubitablement une bizarrerie face à une société qui, pourtant tolère, et une justice, qui devrait être juste, mais qui pourchasse et condamne. C’est ce type d’inquisition qui pousse de plus en plus les citoyens en ne jeûnant plus, même publiquement, à se mobiliser à se dresser contre de lois infâmes trônant dans des tribunaux acquis à l'islamisme.

 

 

Des appels ont été lancés à tous, solidaires de la cause pour qu'ils viennent en masse avec des bouteilles d’eau minérale et rompre le jeûne, à un horaire précis de la journée, devant le tribunal concerné, pour se solidariser.

 

 

On apprend que le procès de non-jeûneurs reporté après un sit-in de la population devant le tribunal. 

 

 

 

 

 

Amendements de la constitution

 

 

 

 

 

Considérant ces faits, j'appelle tous les pouvoir, l'opinion publique, les partis politiques, en particulier le président Bouteflika, afin d' apporter des amendements à la dernière  constitution (qui a donné droit à son 3ème mandat):

 

 

 

 

  • Elargissement de l'article portant sur la liberté de conscience, en ajoutant la liberté spirituelle, religieuse, philosophique... pour que chacun soit libre d'affermir publiquement son état d'esprit.
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  • Enseigner toutes les pensées (athéisme compris), la libre pensée, la laïcité, les écoles religieuses (schismes compris).
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  • Arrêter de financer les zaouïas avec l'argent de l'état, les confréries, les sectes et les groupuscules agissant au nom de l'Islam.
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  • Arrêter de persécuter, d'emprisonner les chrétiens, les non-jeûneurs parce qu'ils manifestent  publiquement leurs convictions.
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  • Leur donner la possibilité de pratiquer leur culte dans leurs églises qu'ils construiront ou qu'ils réhabiliteront.
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  • Arrêter de profaner les cimetières chrétiens, judaïques
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  • Réhabilité le culte et l'enseignement Ibadites, ouvrir leurs bibliothèques aux étudiants et au public de lecteurs.
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  • Arrêter la construction des mosquées sous contrôle de fondamentalistes.
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  • Donner l'autorisation d'ouverture de  restaurants, de cafés... pendant le mois de ramadan.
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  • Que chaque citoyen quel que soit ses convictions religieuses, philosophiques ait droit de se présenter à l'élection présidentielle et de choisir son document de foi (pas uniquement le Coran) ou pas, pour prêter serment.
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    Nacer BOUDJOU

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